Frankenstein, ou le mythe du zombie

Posted on 30th janvier 2011 in Créatures mythiques

Frankenstein

Frankenstein est « historiquement » le premier des zombies (même si en quelque sorte, Lazare est en fait le premier puisqu’il est revenu d’entre les morts à la demande de Jésus…)

Soyons clairs dès le départ : Frankenstein n’a jamais été un monstre! Du moins pas au sens physique du terme! Il était simplement un savant fou, qui a lui-même créé un monstre, une créature artificielle sans nom…

D’où vient cette créature mythique?

A la base, du roman de Mary Shelley, Frankenstein ou le Prométhée moderne.

Attardons-nous un moment sur l’origine de ce livre…

Mary Wollstonecraft Shelley (hé oui, c’est son nom complet!) a improvisé son histoire un soir pluvieux près du lac Léman lors d’un voyage entre amis.

Coincés par un orage terrible dans une demeure sinistre, Mary Shelley, Percy Shelley (son mari), Claire Clairmont et Lord Byron  eurent l’idée d’une joute verbale dans laquelle chacun rédigerait une « ghost story » (une histoire de fantômes) afin de la mesurer aux autres.

Je ne vais pas ici m’étendre sur les essais des autres compétiteurs, puisqu’à l’issue de la bataille, ils furent unanimes pour dire que Mary avait non seulement remporté le combat, mais qu’elle devrait faire publier son histoire!

Dans ce roman improvisé, Mary Shelley imagine qu’un scientifique un peu fou compose à l’aide de morceaux de cadavres une créature à laquelle il donne vie grâce à la foudre.

Malheureusement, si cet être n’est au départ ni bon, ni mauvais, il finit par perdre la tête pour deux raisons… La première est que son existence même lui échappe. Il ne comprend pas qui il est, et l’abomination au regard de Dieu qu’il représente… La deuxième est bien plus triste…

Quand il finit par réaliser ce qu’il est, il exige de son créateur, le docteur Victor Frankenstein, de lui créer une femme…

Sauf qu’entre temps, Victor a réalisé l’horreur de son oeuvre, et ne cherche qu’à détruire sa créature. Il refuse de réitérer son erreur, et la créature devient violente…

Passons sur le roman! Si vous voulez en savoir plus, vous n’avez qu’à le lire!!

Ce qui est beaucoup moins connu est que le « docteur » Frankenstein a réellement existé! Certes il ne s’agit pas d’un docteur, et son nom n’est pas Victor Frankenstein, mais Mary Shelley s’est inspiré de la personnalité d’un certain Johann Conrad Dippel pour son récit…

Dippel

Le véritable Frankenstein

Johann Conrad Dippel, né en 1673,  était un théologien atypique qui pratiquait l’alchimie, la chimie et la médecine. Mais certaines prises de position lui valurent d’être accusé d’hérésie, et même emprisonné. Il s’était donc de plus en plus éloigné de la théologie et de la philosophie pour se concentrer sur les sciences physiques.

On connaît malheureusement assez peu sa vie, et beaucoup de légendes entourent ses expériences. Persecuté par le bas peuple pendant toute son existence, il changeait régulièrement de résidence, et navigait entre les trois chateaux que sa famille possédait en Allemagne (où il est né), en Hollande et en Suède (où il mourut).

Quel rapport avec le personnage de Victor Frankenstein inventé par Mary Shelley? Hé bien le château allemand dans lequel il a vu le jour était tout simplement le château Frankenstein!

Le chateau Frankenstein

Le chateau Frankenstein

On prétendit qu’il se livrait à des expérimentations visant à découvrir la pierre philosophale (l’élixir de longue vie) en déterrant des cadavres dans les cimetières voisins. Têtes bouillies afin d’en extraire un suc mystérieux, mains décomposées momifiées pour en tester la régénération, jambes suspendues à de mystérieux mécanismes pour tenter de leur redonner vie, corps entiers reconstitués à base de divers cadavres, et même cultures bactériologiques, Dippel faisait peur… Il aurait même manipulé une forme de nitroglycérine (qui n’avait pas été découverte à son époque) et aurait ainsi provoqué l’effondrement d’une des tours de sa demeure…

Pour information, cette image de la tour effondrée est présente dans la plupart des films adaptés sur ce mythe. Regardez bien là où la créature prend vie : le château est à ciel ouvert!

Régulièrement accusé d’hérésie, voire de pactiser avec le Diable, il fuyait ses congénères, ce qui explique en grande partie les mystères qui l’entourent.

Mais il parvint malgré tout à quelques succès. Un peu par hasard, il découvrit le colorant appelé Bleu de Prusse, et fonda avec un associé une usine à Paris. Mieux encore, une huile animale, qui porta son nom, lui est attribuée. Remède très efficace, et utilisé pendant des décennies, contre l’épilepsie et le traitement du ver solitaire.

On dit qu’il mourut en testant sur lui-même un élixir de longévité. Visiblement inefficace…

Mais comment Mary Shelley aurait-elle pu connaître ce théologien alchimiste mort 84 ans avant la publication de son roman?

Bien que cela n’ait jamais été démontré de manière claire, on sait que l’un des rapporteurs de la légende de Johann Conrad Dippel était le célèbre conteur Jacob Grimm (l’un des deux frères). Mary Jane Clairmont, traductrice des contes en langue anglaise, a donc eu accès à ces récits. Si vous avez été attentif, vous voyez le rapport… Sinon, je rappelle que Mary Shelley était en compagnie de Percy Shelley, de Lord Byron et de Claire Clairmont, la demi-soeur de Mary Jane Clairmont!

Il est fort probable que Claire ait fait mention de ce personnage à Mary Shelley, peut-être ce soir-là, ou en une autre occasion… Ce qui fait qu’en quelques sorte, Mary Shelley lui a volé son histoire!

Quoi qu’il en soit, Johann Conrad Dippel reste un personnage mystérieux et inquiétant. Victor Frankenstein n’est peut-être pas un portrait fidèle de ce qu’il était, mais bien une interprétation réaliste.

Ce qui est dommage, c’est qu’au fil du temps, les gens ont oublié le créateur pour se concentrer sur la créature. Et quand on dit Frankenstein, les gens voient tout de suite un zombie verdâtre avec des boulons dans le coup…

Frankenstein

Ce zombie était bien une création artistique ; mais cette histoire a aussi été une source d’inspiration pour de véritables expérimentations…

L’Allemagne nazie en est le plus inquiétant exemple.

Le Dr. Fritz Houtermans, a travaillé sur la régénération de cellules cérébrales, sans grand succès pratique, au tout début de la seconde guerre mondiale. Mais quand en 1940 le scientifique autrichien Josef Schintlmeister suggéra l’idée d’envoyer en première ligne des rangées de zombies, que l’on pourrait élever comme des saumons dans des fermes à proximité des points stratégiques à défendre, les choses s’accélérèrent…

D’après certaines archives, et certains témoignages, le Dr. Paul Harteck aurait mis au point en 1942 un virus (façon Resident Evil) capable de redonner vie de manière artificielle et temporaire à des cellules, bien sûr, mais également à des organes entiers.

En mai 1942, ce virus fut utilisé pour réanimer deux chimpanzés par le Dr. Robert Döpel. Enfin, une partie seulement, mais pas la moindre puisqu’il s’agissait du cerveau! Deux cerveaux infectés par le virus plongés dans de l’eau lourde (une eau dont les atomes possèdent un neutron de plus pour chaque proton que l’eau normale) qui ont momentanément repris une activité électrique normale.

Mais même si les résultats étaient disons… encourageants, la stabilité et la durabilité du  processus n’ont jamais été suffisantes pour en tirer une quelconque application pratique… Heureusement, d’ailleurs! Car avec des premières lignes de zombies sur tous les fronts, Hitler aurait été invincible!

Les soviétiques auraient fait les mêmes expériences, et seraient également parvenus à des résultats concluants.

Les soviétiques seraient parvenus au même stade de développement…

Mais si toutes ces expériences n’ont jamais été menées jusqu’à la régénération complète d’un être, les zombies existent-ils vraiment?

La réponse est oui!

A l’origine utilisée par les sorciers vaudous, il existe une drogue capable de modifier de façon momentanée la régulation de la sérotonine.

La sérotonine ( ou 5-hydroxytryptophane) est un neurotransmetteur intervenant surtout dans la stabilité du système nerveux central. Elle permet de réguler l’activité électrique du cerveau vers les principaux organes vitaux, mais gère également l’alternance des cycles veille-sommeil, la douleur, la fatigue, la peur…

Modifier l’équilibre de cette substance permet donc de pousser le corps bien au-delà de ses capacités normales en abolissant toute notion de douleur ou de fatigue, mais également en privant un être pensant de son libre arbitre.

Les tribus vaudous qui possédaient le secret de cette drogue ne l’ont jamais transmis à quiconque. Elles se contentaient d’utiliser ses effets sur les ennemis capturés pour en faire soit des esclaves, soit des kamikazes!

Pourtant ce secret semble avoir survécu…

En Guyane, en Guadeloupe, à Cayenne, à Cuba, en Haïti, en Colombie, au Honduras, et même au Brésil, on retrouve des centaines de témoignages de personnes disparues pendant des mois, voire des années, qui réapparaissent un beau jour en pleine rue, sans aucun souvenir de leur disparition, si ce n’est la vague impression d’être descendu et remonté un nombre incalculable de fois. Ils sont parfois appelés de façon presque poétique « les marcheurs ». Amaigris, souvent vieillis et à la peau extraordinairement bronzée, ces gens sont probablement des victimes de mafias locales utilisant une drogue particulière pour faire d’eux de parfaits employés dans les mines (de cuivre, de charbon, de sel, etc…).

Un exemple de « marcheur » plus récent, et plus exotique, a été découvert en Chine en aôut 2007, dans la province du Shanxi. Huang Benwu fut découvert par les autorités dans une usine de chaussures… après avoir disparu pendant près de 15 ans!

Probablement enlevé, on ne sait que très peu de choses sur les conditions dans lesquelles il a pu être enrôlé dans cette armée de travailleurs de l’ombre… Quand les policiers l’ont découvert, il était littéralement aveugle, car il ne détecta pas leur présence, et se contenta  de poursuivre la couture qu’il effectuait. Mentalement perturbé,  il ne savait plus dire qu’un seul mot : « Bien ».

Il n’a reconnu aucun des membres de sa famille venu à sa rencontre. Il ne garde aucun souvenir des 15 années précédentes… Et au sein de l’usine, il n’est pas un cas isolé…

Aujourd’hui encore, le mystère reste entier sur le processus qui a permis de le déshumaniser à ce point, mais le fait est là : Huang Benwu était littéralement un zombie!

Voilà le zombie moderne! Un esclave parfait créé par l’Homme!

Quant à imaginer un virus transmissible à l’homme qui rend les zombies fous furieux et prêts à vous dévorer tout cru, là on est vraiment dans la science-fiction! Car enfin deux problèmes se posent…

Comment un tissu mort, même régénéré, pourrait-il survivre en l’absence d’une nourriture normale? Quelle serait sa durée de vie?

Et bien plus évident : pourquoi les zombies ne s’attaqueraient-ils pas entre eux??!!

En réalité, en toute logique, un phénomène de contamination à grande échelle tel qu’imaginé dans tous les films, toutes les séries, et tous les romans du genre, aboutirait à une auto-destruction de la population infectée.

 

Cependant, la nature elle-même commence à tenter ce genre de manipulations étranges… Dans la forêt amazonienne, au fin fond du Brésil, des chercheurs ont identifié une nouvelle espèce de champignons de la famille des Ophiocordyceps très particulière Cette mycose infecte des fourmis charpentières, et prend littéralement le contrôle de leur esprit.

 

 

Les fourmis n’ont plus alors qu’un seul but : la survie du champignon. Délaissant la fourmillière, et leur propre survie, les fourmis infectées déplacent les jeunes pousses vers des zones plus propices, et tentent même de contaminer leurs congénères! Pire, elles délaissent complètement leur propre existence, et finissent par mourir de faim, offrant leur corps au champignon qui les a condamnées! D’authentiques zombies naturels! Rassurez-vous, toutes les études montrent que le champignon ne s’attaque qu’à cette espèce particulière de fourmis, et pas à l’homme…

 

Mais ce n’est peut-être qu’un début!

Il reste cependant un élément inquiétant. Si l’Homme est capable, via des drogues ou des techniques de manipulation mentale, de créer des êtres dépourvus de toute émotion, de tout sentiment, de toute sensation, et obéissant à tout ordre, cela signifie qu’un jour ou l’autre, il pourrait bien les utiliser à des fins militaires plutôt que laborieuses, et faire renaître des rêves de conquêtes que l’on croyait oubliés…

Zombies

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