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L’allée était sombre et lugubre. Une seule lumière venait troubler l’obscurité : celle d’un vieux réverbère rouillé qui crachait une lueur blafarde et maladive. Un homme s’engagea dans la ruelle, indifférent aux immondices envahies de parasites qui jonchaient le sol. Il était seul. Il l’avait toujours été. Pourquoi était-il là ? Où allait-il ? Et quelle était cette étrange impression qui l’avait assaillie dès son arrivée dans cet ignoble quartier ? Il n’en savait rien. Mais son instinct lui disait de se dépêcher, comme si quelqu’un ou quelque chose était à ses trousses. Soudain, un bruit sourd retentit dans son dos. L’étroitesse et la longueur du passage firent l’effet d’un mégaphone et amplifièrent le son pourtant minime jusqu’à en faire un vacarme effrayant. L’homme se retourna vivement d’un geste mécanique qui fit craquer son cou. Un violent frisson secoua son échine tandis que tous les poils de son corps se dressaient sous l’effet de l'adrénaline. Puis ses yeux se posèrent sur la source de ce vacarme et il ne put réprimer un petit rire nerveux : c’était sa propre épée qui s’était détachée de la poche intérieure de son pardessus ! Mais que faisait-il avec une épée ? Visiblement, il souffrait d’une amnésie presque totale… Perdu dans ses pensées, il se pencha pour ramasser «son » arme. Il ne remarqua pas les deux globes bleutés qui le dévisageaient au milieu d’un tas de vieux cartons détrempés par de trop fréquentes averses. Pas plus que le mince tentacule qui rampait lentement dans sa direction. Un détail avait capté toute son attention : la lame de l’épée qui gisait à ses pieds n’était pas en métal. Pire, elle semblait vivante…


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Comme dans un rêve, il approcha la main du manche incrusté de pierres précieuses de ce qu’il ne pouvait se résoudre à considérer comme «son » arme. Il était sur le point de le toucher quand l’attaque commença. Tout d’abord, il ne s’aperçut de rien. Son esprit était obnubilé par cette incroyable épée qui, apparemment, était la sienne. Il ne sentit même pas le tentacule gluant qui remontait le long de son dos en sifflant comme un serpent à l’affût. En fait, c’est l’objet même de sa fascination qui le tira de son hébétude. La lame se mit soudain à luire. Elle ne brillait pas comme une vulgaire lampe à incandescence, mais luisait d’un éclat pulsatile aux effets hypnotiques. L’homme fixait cette lueur lorsqu’une image lui apparut : il vit une énorme créature aux yeux bleutés le décapiter d’un coup de griffes après l’avoir emprisonné dans l’un de ses tentacules visqueux. La lueur cessa brutalement. Incrédule, il se frotta les yeux comme un enfant qui se réveille après un long sommeil, quand il remarqua enfin la présence du corps étranger. Celui-ci couvrait maintenant la majeure partie de son dos et s’enroulait lentement autour de son torse. Un sursaut de répulsion et de peur agita son corps. Il se mit à se débattre violemment pour échapper à la mortelle étreinte de son cruel amant ; mais en vain. L’appendice gluant poursuivait sa progression. Désespéré, il jeta un regard affolé autour de lui dans l’espoir de trouver quelque chose qui pût l’aider. C’est alors qu’il vit les yeux qui n’avaient cessé de l’observer. Ces globes vitreux d’une couleur fanée et cette étincelle malsaine dans le regard dégageaient une aura maléfique, faite de haine et de colère. L’odieuse créature se redressa lentement et commença à s’avancer.


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Le monstre n’était plus qu’à quelques mètres de lui quand soudain il comprit : il connaissait cette chose. En fait, elle s’appelait Maria ; c’était une prostituée dont il avait souvent été le client. La terreur qu’il ressentait n’en fut que plus grande. Si la gentille jeune fille était capable de le tuer d’un simple geste, quelle pouvait être la puissance d’un être malfaisant ? Alors, il renonça et cessa de se débattre. A quoi bon vivre dans un tel monde, seul et abandonné ? Et tandis qu’il se laissait recouvrir par ce corps étranger autant qu’étrange, quelque chose se produisit. D’où il était, il ne put voir ce qui arrêta la progression du monstre mais il entendit un cri retentir derrière lui. Un cri de colère et de frustration qui lui glaça le sang. Il avait cessé de se battre quand il avait reconnu son amie dans cette créature ; ce cri réveilla son envie de vivre. Il se redressa d’un bond et écarta les bras de toutes ses forces. Le tentacule ne put résister à ce brusque regain de puissance et il explosa en laissant échapper une humeur sombre et huileuse. Le cri que la bête poussa alors n’était plus que douleur et la créature s’enfuit en sautant d’immeuble en immeuble avant même que le rescapé ne se fût retourné. Il était sain et sauf… tout du moins physiquement car son esprit était, lui, très affecté. Et puis, une question le tourmentait inlassablement : qu’est-ce-qui avait stoppé Maria alors qu’il lui suffisait de tendre le bras pour l’achever ?


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Il avait besoin de comprendre et c’est pour cela qu’il se rendit à la bibliothèque municipale. Il avait trouvé son adresse dans l’annuaire d’une cabine téléphonique et avait reconnu le bâtiment assez facilement bien que l’écriteau qui surplombait l’édifice fût rédigée dans un alphabet qui lui était totalement inconnu. Il avait dans l’idée e consulter les journaux afin de découvrir ce qui avait pu arriver à la population. Il descendit le grand escalier qui menait aux archives, prit l’une des chaises bancales dont disposait la pièce et s’installa devant les deux tiroirs qui contenaient les journaux les plus récents. Le plus ancien remontait au 19 mai ce qui ne l’aidait en rien puisqu’il ignorait combien de temps avait passé entre la parution d ce périodique et le jour présent. De plus, la lecture des différents articles ne lui apprit rien de vraiment utile. Alors il prit le suivant, et le suivant, et le suivant… Et puis vint le journal du 25 mai. Il contenait certaines réponses…
Le titre à la une était : « L’homme qui voulait détruire l’Humanité ». Au milieu de l’article, il y avait une photographie en noir et blanc. L’homme qu’on y voyait était menotté et encadré d’une demi-douzaine de policiers armés de fusils d’assaut. Voici ce que disait l’article :
« Le docteur Xanata a été arrêté hier dans sa propriété de Catla, dans la province Nord, alors qu’il s’apprêtait à envoyer dans l’atmosphère un ballon météorologique d’un type très particulier. Celui-ci aurait, une fois arrivé à l’altitude idoine, lâché dans l’air un gaz sur lequel le brillant scientifique travaillait en secret depuis plusieurs années. Inoffensive à température normale, cette invention redoutable se changeait en refroidissant en la forme la plus élaborée d’arme chimique que la Terre aie jamais connu. Ses effets, encore mal connus à ce jour, restent mystérieux puisque le docteur Xanata refuse obstinément de parler. Selon la police, ses seules paroles on été : « Vous ne m’arrêterez pas, ni avec vos bracelets, ni avec vos barreaux. Il est temps pour l’humanité de payer… » Cette menace est d’autant plus inquiétante que le ballon retrouvé dans sa villa était de toute évidence un faux. En effet, il n’aurait pu atteindre une altitude suffisante et se serait peut-être même écrasé tant il était chargé. En tout cas cette affaire a ébranlé le monde scientifique qui ne croyait pas à ces théories et les considérait comme des divagations dignes d’un savant fou. Messieurs, sachez que parfois les savants fous réussissent… Et à en croire le docteur Xanata, cette affaire n’est pas terminée… Le chef… »
Il ne put lire la suite de l’article tant il était abattu. Ainsi, ce Xanata était le responsable de tout cela. Mais pourquoi, et surtout comment puisque d’après l’article, il avait été emprisonné ? Il lui faudrait rencontrer ce fameux docteur, mais il tenait d’abord à parler au journaliste qui avait rédigé l’article : un certain Paul Brandt.


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Le même annuaire qui lui avait révélé l’adresse de la bibliothèque lui permit de retrouver sans peine le journaliste. Il vivait dans une confortable villa à l’ouest de la ville. Cependant, dès son arrivée, l’homme remarqua plusieurs détails étranges… Tout d’abord, la boîte aux lettres portait une inscription rédigée avec le même alphabet que celle qui surplombait la bibliothèque . Et puis, surtout, il régnait dans tout le quartier un silence de mort. Pas un bruit ne venait troubler ce calme lourd et oppressant, pas même le bourdonnement anodin d’une télévision ou l’aboiement d’un chien pourtant si commun. De plus, et ce malgré l’obscurité, aucune lumière hormis celle des lampadaires ne brillait. Toutes les maisons paraissaient désertes… Mais il était venu pour obtenir des informations, et il comptait bien interroger le journaliste. Alors il s’avança et frappa timidement à la porte. Comme personne ne répondit, il frappa à nouveau, plus fort cette fois, mais toutefois sas plus de succès. Alors il dressa l’épée qui ne le quittait plus et en assena un coup violent sur la poignée qui pulvérisa la serrure de la porte principale de cette si charmante et pourtant si peu accueillant bicoque. Pas d’alarme, ouf ! Cela dit, ce nouveau signe d’abandon n’était pas vraiment rassurant… Il entra et progressa dans le couloir jusqu’à arriver dans ce qui semblait être une gigantesque salle de lecture. Un fauteuil siégeait au centre tel un trône. Et visiblement, il y avait quelqu’un dans ce fauteuil… Ol ne pouvait le distinguer dans cette pénombre, mais une forme arrondie dépassait du dossier. Un crâne.


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« Paul Brandt, je présume ? » Pas de réponse. « Je me permets de vous déranger car j’ai besoin de votre aide. » Toujours aucune réaction. « Je me permets d’insister. Je suis amnésique et j’ai été attaqué… » Sa phrase mourut dans sa gorge, interrompue par un hoquet de terreur : la forme assise dans le fauteuil n’était pas humaine… D’horribles tentacules palpitaient là où auraient dû se trouver ses pieds ! Comme si la créature avait réalisé ce qui se passait, elle se mit en mouvement. Sa tête tourna selon un angle d 180° et il aperçut dans la pénombre deux globes bleutés qui le scrutaient. D’un bond, la créature fut sur lui. Il n’eut pas le temps de brandir son arme et la bête se mit à le frapper. Ses griffes étaient phénoménales et elle en possédait six par main. Mais elle manquait de rapidité et il eut tout le temps d’emprisonner son bras avant que les griffes ne laminent son visage . La bête poussa un cri de rage et se dégagea violemment. L’homme sauta sur l’occasion et roula à terre pour lui échapper. Il eut à peine le temps de se relever et de dresser son épée que le monstre était à nouveau sur lui. La lame se mit à émettre cette curieuse lueur en traversant la cuirasse qui recouvrait son corps difforme. Toute la pièce en fut baignée et il dut fermer les yeux tant elle était vive. Quand le rayonnement cessa, il les rouvrit et ce qu’il vit le pétrifia de stupeur : la créature qu’il avait empalée avait disparu et c’est un homme qui gisait au bout de son épée…


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Après avoir dégagé son arme, il étendit le malheureux sur l’un des magnifiques tapis de la salle et attendit qu’il meure. Il ne voulait pas le laisser mourir seul. Après tout, c’était le seul humain qu’il avait rencontré depuis… son amnésie. Soudain, le mourant émit un son. L’homme se pencha pour entendre ce qu’il voulait dire, mais la voix était si faible qu’il ne put discerner que deux mots : « Vous êtes… » Avant qu’il n’aie pu en entendre plus, le pauvre homme était passé de vie à trépas.
La fouille de l’appartement lui permit de constater que l’homme qu’il avait occis était bien le journaliste qui avait rédigé cet article. Sa seule piste venait de lui glisser entre les doigts. Mais il n’abandonna pas et décida de retrouver la trace du professeur Xanata par ses propres moyens. Avant de partir, il lança à la maison vide : « Paul Brandt, je te vengerai. A nous deux, Xanata ! » L’épée se mit alors à luire mais d’un éclat différent. Elle semblait réagir à sa voix. Il appela : « Epée ? » Mais elle ne réagit pas. Il dit alors : « Xanata ? » et elle se mit immédiatement à briller plus fort. Manifestement, elle connaissait ce nom. Il sortit de la maison et demanda à l ‘épée de le guider à ce Xanata. Elle se comporta comme un radar psychique ou une sorte de sonar, lui indiquant mentalement quel chemin prendre. Une heure plus tard, il était arrivé à la demeure du terrible professeur...8


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L’entrée était assaillie par une centaines de ces monstres. Mais ils ne parvenaient pas à entrer. La grille était bien trop haute, même pour eux, et les barreaux en étaient électrifiés. Pourtant il y avait un moyen de pénétrer à l’intérieur.

L’épée lui indiquait une souche d’arbre foudroyée à moitié pourrie à une cinquantaine de mètres de l’entrée principale. Il courut jusqu’à elle mais sa course fut interrompue par l’une de ces créatures. Elle semblait attendre sa venue et lui adressa ce qui ressemblait à un sourire. Puis elle attaqua. Elle se rua comme un chien de chasse fondant sur sa proie. Il sortit l’arme de son fourreau et au passage de la bête, il lui coupa un bras. Cet appendice avait repris forme humaine avant même d’avoir touché le sol… Et c’est sans aucun plaisir qu’il dépeça son assaillant manchot. Chaque morceau redevenait humain une fois séparé du reste du corps, si bien qu’une fois le travail achevé, c’était un corps humain qui gisait à ses pieds. Il se releva avec un début de nausée et se remit à courir. D’autant plus que le bruit de leur lutte avait attiré d’autres bêtes qui s’étaient lancées à sa poursuite. Enfin, il arriva à hauteur de la souche. C’était une sorte de portail titanesque obturé par une porte métallique de plusieurs mètres de haut. Sans réfléchir, il glissa l’épée dans la fente qui séparait les deux parties de la porte, et celle-ci se mit à coulisser. Dès qu’il le put, il se glissa à l’intérieur. Il vit alors un étrange rocher percé d’une faille. On aurait dit le rocher de la légende du Roi Arthur… Il y glissa donc son excalibur.La porte se mit à se refermer lentement et l’épée se mit à briller. En fait, son rayonnement envahissait toute la souche et la porte se scella dans un formidable éclair. Les créatures à l’extérieur tentèrent de la rouvrir mais le moindre contact leur rendait leur forme originelle, les privant ainsi des effroyables attributs qu’étaient leurs griffes. On pourrait se réjouir et penser que leur calvaire était terminé… mais une fois à quelques mètres de la porte, l’effet s’estompait brutalement , et la bête revenait. Cela n’intéressait pas notre amnésique. Il avait suivi un long couloir creusé à même la roche et avait débouché dans ce qui ressemblait au laboratoire du docteur Frankenstein, une immense salle peuplée d’alambics, d’éprouvettes et d’appareils de mesure tous plus étranges les uns que les autres. Et au centre, un ordinateur semblait l’attendre. Il s’en approcha et appuya sur une touche du clavier. L’écran s’alluma et un menu apparut. Et c’est en fouillant dans les dossiers qu’il trouva ce qu’il cherchait. Le dossier intitulé « Shintaretaxa » lui donna toutes les réponses à ses questions. Xanata y décrivait son projet d’annihilation de l’espèce humaine.


« Une divinité appelée le Shinta envoie sur Terre un avatar chargé d’une partie de son savoir. Cet être grandit parmi les hommes, mais ne peut ressentir que le mal dont ils sont capables. Sa haine grandit en même temps que sa tristesse. Et quand son adolescence commence, son savoir lui est restitué.

C’est à cette époque que j’ai conçu le Shintaretaxa, la grande purification divine. Son but : ramener l’être humain au stade animal qu’il n’aurait jamais dû quitter pour provoquer son auto-extinction. Seuls les justes pourront survivre ; je suis l’un d’entre eux. J’ai parcouru le monde et visité les capitales des plus grands pays. Cela m’a permis d’éprouver le degré de bêtise de leur population et seul un pays par continent devait subsister. J’ai choisi le Canada, la suisse, l’Egypte, et le Japon. J’ai délibérément écarté l’Australie car sa culture décadente était trop proche de celle des Etats-Unis. Puis j’ai réduit la liste à quelques villes, puis à quelques quartiers, et enfin à quelques personnes. Au final, seuls 700 humains méritent de survivre. J’ai mis au point un gaz aux propriétés mutagènes terrifiantes. Inoffensif à température ambiante, le contact de l’air froid révèle ses aptitudes lycanthropes. Au contact de la peau ou par inhalation, il pénètre l’organisme et modifie l’ADN des cellules. Celles-ci mutent et se multiplient à une vitesse incroyable. En fait, la métamorphose est achevée en seulement trois mois ! Demain enfin, je vais mettre mon plan à exécution ! »

Le dossier reprenait le 26 mai, soit le lendemain de son arrestation.

« Les fous ! Ils ont cru pouvoir arrêter l’œuvre de Dieu ! Le vrai ballon n’est parti que ce matin et déjà les effets se font sentir. J’ai pu m’évader en leur promettant un vaccin ! Les Imbéciles ! Il ne me reste plus que deux choses à faire : préparer mon intronisation et suivre leur évolution. »

« Il semble que la mutation affecte leurs yeux. J’ai vu des créatures écrire ce qu’elles prenaient pour des lettres, et cela ne ressemble à rien de ce que j’ai pu étudier jusqu’ici. De plus, leurs voix ayant elles aussi muté, ils développent une forme de langage nouvelle. Je ne comprends ni ce qu’ils disent, ni ce qu’ils écrivent, mais cette barrière ne semble pas réciproque. Cela contribue à augmenter leur susceptibilité !

« Cette fois, je ne les contrôle plus. Je vais sortir et tenter de fuir. L’antidote que j’ai pris et donné aux autres justes fonctionne mais il occasionne des troubles de la mémoire. Je serai amnésique d’ici quelques jours… Cela ne devrait durer que quelques semaines… Bref, j’ai fabriqué une épée pour me défendre. Elle a le pouvoir de me prévenir du danger grâce à une cérébropuce placée dans la lame et dans mon cortex. Je l’ai fabriqué avec un échantillon de métal, une souche de mon ADN et une souche d’ADN modifiée. Le résultat ? Cette arme a le pouvoir de rendre leur apparence humaine à ces monstres… à condition qu’ils soient morts ! »

« Cette fois, je pars. Je vais fermer ma porte magnétique, une autre de mes brillantes inventions, grâce au pouvoir de mon épée et quitter cet endroit. Je m’adresse à un éventuel survivant humain, ou à moi si je reviens : Bravo ! Vous avez mérité votre place parmi les justes ! Et si jamais personne ne lit ces lignes, cela voudra dire que j’ai péri mais également que ma mission a réussi ! Gayasranda… »


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Et c’était tout. Le dossier s’arrêtait là. Ainsi ce malade avait réussi. Au moins avait-il la satisfaction de savoir que le responsable était mort. Cela dit, l’épée qu’il détenait semblait être la sienne… Bref, il ne lui restait plus qu’à partir à la recherche des 699 autres survivants. Evidemment, il ne pouvait pas savoir qu’ils avaient tous mis fin à leurs jours, terrifiés par le spectacle de désolation auquel ils avaient assisté impuissants… Il allait se mettre en route quand un objet attira son regard.


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C’était un miroir. Oh, bien sûr, il aurait pu partir sans savoir à quoi il ressemblait, mais la curiosité était trop forte. Il observa avec curiosité son reflet, puis poussa un hurlement qui fit reculer de surprise les créatures qui tentaient toujours d’entrer. Il avait déjà vu ce visage, même depuis son amnésie. Il l’avait vu sur le journal du 25 mai. Il avait même fait la une ce jour-là . L’homme qui voulait détruire l’humanité, le responsable de cette horrible mutation, ce fameux docteur Xanata, c’était lui… La douleur était trop intense. Sans un mot, il se dirigea vers le portail magnétique, « une autre de ses brillantes inventions », et retira l ‘épée du rocher. Les portes s’ouvrirent toutes grandes et les créatures s’y engouffrèrent. Quelques instants plus tard, le corps déchiqueté du grand professeur retomba ; et l’épée s’éteint, à jamais.


Ainsi périt le dernier homme…


LE DERNIER HOMME