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"Dèstaka gya disna,
Ta toña abisma
Ta krata mondaka"




Bienvenue à un cours de langue unique au monde... En effet, vous trouverez sur ces pages un langage que le monde ne connait pas, ou plutôt qu'il ne connait plus. Celui-ci fut à l'origine créé par une race d'êtres suprêmes désireux de transmettre leur savoir, et leurs traditions. Il n'a pas de nom, mais je l'appelle : Shintak Shtimpa, "la Langue des Dieux"...


De quels dieux s'agit-il? Pas de celui que l'on nomme "Seigneur"... Ces êtres sont au-delà de notre compréhension des choses, à tel point qu'on les a bannis de notre pensée... En d'autres termes, ce sont bel et bien des dieux déchus. Vous pourrez retrouver leur histoire dans la section "Légendes", dès que je l'aurai écrite. Mais vous pouvez d'ores et déjà vous initier à la langue des Dieux déchus.




Par ce menu, vous accèderez dirèctement aux rubriques correspondantes, mais je vous conseille de ne pas brûler d'étape! De plus, plus on avance dans les sections, plus cela se complique! Alors, prenez le temps de découvrir la façon dont les Dieux déchus communiquaient...


Alphabet: une présentation indispensable à toute langue...


Pluriel: il est important de savoir multiplier les choses...


Verbes: toute la conjugaison shintasienne est là...


Pronoms: je, tu, il, elle...


Articles: le, la, les...


Possessifs: indispensable éléments...


Interrogatifs: les règles qui président à l'interrogation...


Phrase subordonnée: présentation des phrases complexes...


Négation: il est important de savoir dire non...


Féminin: que serait l'homme sans la femme?..


Syntaxe: l'ordre des mots de la phrase shintasienne...


Nom commun: variantes sémantiques du nom, et usages...


Chiffres et nombres: savoir compter est une étape importante dans l'apprentissage d'une langue...


Suffixes et préfixes: la règle d'or de la langue des Dieux déchus, qui permet de créer un nombre considérable de mots à partir d'une simple racine...




APLHABET :



Voila bien le premier point de toute langue qui existe. Il faut un système de notation capable de transcrire les sons qui la constitue. Celui de la langue des dieux déchus est très simple, mais comporte néanmoins certaines particularités.
En effet, il est possible d'utiliser l'alphabet latin classique pour l'écrire, ou son propre systême de transcription. Pour des raisons de simplicité, je me contenterai d'utiliser ici l'alphabet latin.
Si vous voulez néanmoins en savoir plus sur l'alphabet shintasien, je vous invite à visiter cette page.

Les voyelles sont presqu'identiques à celles du français. "a" "e" "é" "è" "i" "o" "ü". A cela s'ajoutent simplement le "eu" qui est une voyelle à part entière, le "u", qui correspond au "ou" français d'où la notation divergente de la voyelle "u" par un "ü", et le "ô", qui est simplement un "o" plus fermé.

Les consonnes ne posent pas de grand problême non plus. Elles sont toutes identiques, sauf le "sh" qui se prononce "ch", le "ch" qui se prononce "tch", le "r" qui est systématiquement roulé, et le "q" qui correspond au raclement guttural (la "jota" espagnole, ou le son allemand du verbe "machen"). Le "s" suit les mêmes règles qu'en français, et ne se double qu'en cas d'absolue nécessité. A noter que le son "z" du "s" peut être transcrit par un z. Ainsi Shintasu peut s'écrire "Shintazu". (Chinetazou"). Enfin, le "h" n'est pas un signe muet ; il est toujours prononcé comme une expiration.

Les sons nasaux, tels que "en", "in" ou "on" n'existent pas. Les sons sont bien distincts dans une diphtongue, comme en espagnol, par exemple. (hombre = homme se prononce "omebré", et non "ombré").

Dernière particularité : les signes de ponctuation. C'est bien simple, ils sont la plupart du temps absents! On ne les met en effet que pour insister sur l'effet de surprise, ou l'interrogation, mais ils sont parfaitement facultatifs.

Observez la phrase : "Où est le chien?". Enlevez le "?" ; la phrase reste parfaitment intelligible.

Voyez maintenant : "Je mange un croissant. Il est bien trop cuit." Retirez le ".", la phrase reste la même...



Pour conclure ce bref résumé, voici ma devise personnelle :


"Hi ta Apurnankak Shinta Yanka"



Elle signifie : "Pour la gloire du Dieu maléfique", et se prononce "hi ta apournankak chineta yaneka".




PLURIEL :



Il n'existe tout simplement pas! Pour renforcer l'idée de nombre, la langue des dieux déchus utilise tout simplement les chiffres!




VERBES :



Voila bien le point le plus complexe de la plupart des langues... Le formes verbales irrégulières sont le cauchemar de tous les apprentis hispanistes, germanistes ou anglicistes... Mais là encore, la langue des dieux déchus fait preuve d'une extrême simplicité.


Il n'existe que 5 formes verbales différentes. Si vous comparez cela aux milliers de formes du français, de l'alleand, de l'espagnol, de l'italien, ou même du latin, cela fait très peu... Et pourtant, une phrase aussi complexe que "Esperé toda la noche a que viniiera", ou "I waited the night away for him to come", ne demande en shintasien que deux formes simplissimes. Voici donc la conjugaison :


Infinitif : verbe en "at"

Présent en "a"

Futur en "i"

Passé en "o"

Irréel en "u" (prononcé "ou", ne l'oubliez pas!)


Le temps irréel couvre notre conditionnel, et le cas du volitif, soit le subjonctif. "Je veux qu'il vienne" est donc assimilé à de l'irréel : "Vèlkatak kra dulkudix". Mais en réalité, il est plus simple et plus naturel de remplacer ce temps irréel par l'infinitif : "Velkatak kra dulkat" ou "Velkatak kra dulkatdix". L'irréel est donc réservé à des phrases plus hypothétiques, voire irréalisables : "Monkaputak kendat...", "Si je pouvais voler..."


Ce sont les seules remarques que l'on peut faire à propos des verbes. Leur usage est des plus simples, même si une règle particulière les unit aux pronoms...




PRONOMS :



Plusieurs remarques très importantes concernant les pronoms sont à faire. Tout d'abord, en voici la liste :


tak = je, moi


zo = tu, toi


dix, vin, ziy = il


dex, ven, zey = elle


muk = nous


xi = vous


dux, vun, zuy = ils


dax, van, zay = elles


= en, y, ça




Le pronom "on" n'existe pas, et est remplacé selon le contexte par "muk", "nous" si le sujet est inclus dans l'action, ou "dux", "ils" s'il en est exclu.

Ils s'utilisent en enclise à la fin des formes verbales. Pour dire "je veux", on dit "veuxje" soit "vèlkatak", du verbe "vèlkat". Cela dit, pour des raisons stylistiques, on peut déroger à cette règle, et dire "tak vèlka". Cela insiste simplement sur le degré, un peu comme le ferait un "!".

Les choses se compliquent quand deux pronoms interviennent... Par exemple, "j'y arriverai". Le verbe "parvenir à, arriver" est "agnabirat". (prononcez "aguenabirat"!) Je = "tak", y = "né". Cela donne donc : "Agnabiritakné".

Décomposons cela : agnabir-i-tak-né, réussir-futur-je-y. Le pronom sujet est toujours placé juste derrière le verbe. Si on inverse sa place, "agnabirinétak", la phrase ne veut plus rien dire : ça me parviendra!

Mais il est par contre possible de déplacer le deuxième élément en début de phrase, soit avant la conjonction verbe-sujet : "né agnabiritak".

Il en va de même en cas de COD. "Je te parle" = "Shtimpatakzo", du verbe "shtimpat" = parler, ou "zo shtimpatak".


Ceci étant posé, il reste à expliquer la présence de ces pronoms multiples pour les personnes "il", "elle", "ils", "elles". Ils ont le même sens, et sont interchangeables... Mais ils ne sont pas identiques pour autant. Afin de comprendre leur utilité, et leur usage, observez cette phrase : "Il a pris son blouson, sa veste, et son sac, avant de lui mettre une claque." L'énoncé est clair, n'est-ce-pas? Et pourtant, a-t-il pris son blouson à lui, ou celui d'un ou d'une autre? A qui a-t-il mis une claque? A une femme ou à un homme? A qui appartient ce sac, et cette veste? Imaginez que la phrase si simple en apparence soit en réalité : "Il a pris son blouson (le sien), sa veste (à elle), et son sac (à une autre femme) avant de lui mettre une claque (à un autre homme)! Le français devient incapable de transcrire ces nuances.

C'est pourquoi, afin de clarifier ce genre d'imprécisions, la langue des dieux déchus connait 3 pronoms différents, permettant au sein d'un même récit de parler de 3 personnes distinctes, et ce pour les deux genres.

Attention : il faut bien entendu veiller à conserver le même pronom pour chaque personne intervenant dans le récit tout au long de l'histoire!





ARTICLES :



Simplissime : il n'existe qu'un seul pronom, "ta", qui signifie donc le, la, les, du, des... De plus, il est bien souvent ommis!




POSSESSIF :



Il suffit pour marquer la possession de placer avant le pronom personnel le mot "ra". Ainsi, "La langue des dieux" se traduit par "Ra shinta shtimpa".

Il faut veiller à l'ordre des mots, et ne pas dire dans l'exemple précis "les dieux de la langue, "Ra shtimpa shinta"!

De plus, il est possible de varier quelque peu la syntaxe... "Ma langue" peut ainsi se traduire "ra tak shtimpa" ou "shtimparatak". Simple appréciation stylistique.




INTERROGATIFS :



Tous les pronoms interrogatifs sont en fait une locution basée sur le mot "gru, qui correspond plus ou moins à notre "quoi?". En voici quelques-uns :


gru mné = quand?


gru tèja = où?


gru ha = pourquoi? (cause)


gru hi = pour quoi? (but)


gru byo = qui?




A noter que pour interroger quelqu'un, sans plus de précision, le mot "gru" suffit bien souvent, si le contexte est suffisemment clair.




PHRASE SUBORDONNEE :



Elle se comporte comme en français, mais est toujours introduite par le mot "kra". Ce terme recouvre les mots "dont", "duquel", "de laquelle", "où"... Ainsi, "l'endroit où je t'ai vu" se traduira : "tèja kra prismotakzo" ou "tèja kra zo prismotak"




NEGATION :



Il suffit de mettre le mot "tot" afin de négativer une phrase. "Zo prismotak", "je t'ai vu" ; "tot zo prismotak", "je ne t'ai pas vu". Le mot "tot" veut dire également "non".




FEMININ :



Si je n'en parle que maintenant, c'est que son usage n'est que rarissime. La langue des dieux ne connait pas de genre au sens strict (un chien, une table), mais une sorte de neutre. Cependant, pour exprimer une marque de féminité, on utilise le suffixe "ña".

Ainsi le mot frêre se dit "zamda".
Au féminin, il devient pour exprimer le mot soeur "zamdaña". Il en va de même pour des mots tels que chienne, amie, messagère... Tout ce qui doit être féminisé est susceptible de l'être ainsi!




SYNTAXE :



La structure classique d'une phrase shintasienne est la suivante : verbe-sujet COD ou COI.

ex : Tak balka Shintasu = Je m'appelle Shintasu. (Ou, Moi je m'appelle Shintasu)

Mais ces points de syntaxe sont beaucoup trop flexibles pour être définis ; et hormis l'inversion impossible des pronoms (comme en français : je Te vois, tu Me vois) et celle des mots juxtaposés (la langue des Dieux, les Dieux de la langue), presque tout est possible!




NOM COMMUN :



Dans la plupart des cas, la terminaison des noms communs se confond avec celle du verbe au présent. Ainsi le mot soñya signifie tout autant il pleut, que la pluie...

Néanmoins, il existe trois terminaisons particulières que l'on peut adapter au besoin. Le meilleur exemple pour l'illustrer est le mot Dieu.

Shinta = dieu. Ce mot n'est pas déterminé ; il est en quelque sorte neutre.

Shintas = un dieu en particulier. Ici, le mot est isolé, et désigne soit un dieu que l'interlocuteur connait bien (ce dieu-là...), soit que l'on vient de citer (lui).

Shintav = un dieu indeterminé. Ici, le mot acquiert un sens que l'on pourrait transcrire par "quelconque", "banal". L'identité de ce dieu n'a pas d'importance.

Shintaa = le concept de Dieu. Ici, le mot est une abstraction, une conceptualisation.




Pour mieux comprendre ses nuances, voyons cet autre exemple :

Monkapa = un pouvoir, une capacité indeterminés.

Monkapas = un pouvoir en particulier, que l'on vient de mentionner, par exemple.

Monkapav = un pouvoir indéterminé, mais qui garde une notion tangible.

Monkapaa = le pouvoir, la puissance en tant que concept.




Vous le voyez c'est assez complexe. Pour résumer, disons que la terminaison basique est en "a", celle en "as" isole le mot, et l'indétermine, celle en "av" le concrétise, celle en "aa" l'abstrait. On part du mot de base, pour arriver succéssivement à un élément du tout, le tout dans son intégrité physique, puis le tout dans son intégrité abstraite.


Comme vous le voyez, c'est une règle difficile... Mais rassurez-vous, elle est d'un usage très limité! Elle est utile, mais pas indispensable, et rien ne vous oblige à l'utiliser! Comme pour beaucoup de choses, vous êtes libres de le faire ou pas...




CHIFFRES ET NOMBRES :



Les choses sont assez différentes en shintasien... Car le système n'est pas décimal, ni quinaire comme cela a pu exister... La base de calcul est le 7!

Avant tout, voici les chiffres de base, de 0 à 9 :


"hyo" = 0

"byo" = 1

"kyo" = 2

"dyo" = 3

"fyo" = 4

"xyo" = 5

"syo" = 6

"tyo" = 7

"shyo" = 8

"qyo" = 9




Ces chiffres sont les seuls que vous devrez retenir, car le système de calcul est entièrement différent du nôtre... La base étant le 7, les chiffres 8 et 9 ne sont utilisés quand dans les composés multiples. Cela mérite quelques éclaircissements!

Afin de compter 2008, par exemple, nous procéderions ainsi : 2 X 1000 +8, 1000 étant un multiple de 10, base de notre calcul...

Si la base est 7, et que nous ne sommes pas naturellement faits pour l'utiliser, il nous faut des repères plus ou moins équivalents.

Ainsi, 7 X 7 = 49, soit presque 5 X 10... 14 X 7 = 98, soit presque 10 X 10... Et pour obtenir "presque" 1000, ce sera simplement 140 X 7, etc...
Pour décomposer 2008, on prend donc 2000, soit 2 X 1000. En sachant que 140 X 7 = 980, il nous suffit d'ajouter 20 à cette opération pour retomber sur notre repère habituel.
Pour 2000, on double le multiplicateur, soit 280 X 7.
Mais pour arriver à 2000, il nous manque 40, 280 X 7 ne faisant que 1960.
Reprenons donc ce chiffre, en y ajoutant le 8 de 2008 ; il nous reste 48.
Reste alors à effectuer 48 / 7, et comme il nous faut un résultat sans décimale, on obtient 6 (6 X 7 = 42), que l'on va ajouter à nos 280 précédents, + 6, que nous allons simplement noter à côté.

Donc, 2008 = 286 X 7 + 6, que l'on note simplement 286.6.


Le calcul vous parait complexe? Ce n'est qu'une question d'habitude, et de connaissance de sa table de 7! Il faut garder à l'esprit les repères permettant de basculer de la table de 10 à la table de 7, et ne pas se tromper dans les retenues.
Voyons si vous pouvez le faire... Combien fait en shintasien le nombre 10 000? Réfléchissez un peu avant de lire la solution... Où est-elle d'ailleurs? En-dessous de ce texte se situe une zone sombre apparemment vide... Si vous y placez votre curseur et que vous le déplacez en maintenant enfoncé le bouton gauche de votre souris , vous sélectionnerez un texte invisible qui contient la réponse. Mais essayez avant de tricher!




Procédez ainsi. 10 000 = 10 X 1000. Vous savez que 140 X 7 = 980. On peut donc multiplier 140 par 10, soit 1400 X 7. Il nous reste alors 10 X 20, soit 200, pour arriver à 10 000.
Divisons donc 200 par 7, soit (2 X 100) X 7. Nous savons que 14 X 7 = 98 ; multiplié par 2, on obtient 28. Il ne nous reste plus que 2 X 2, soit 4, que nous ne pouvons plus diviser par 7.



La réponse est donc : 10 000 => 1 428 X 7 + 4, soit 1428.4 OUF!!

Mais comment cela se prononce-t-il? Hé bien comme je vous l'ai dit, la connaissance des 10 chiffres de base suffit à compter n'importe quoi. Pour cela, les éléments de la multiplication sont pris séparément, et perdent leur terminaison en "yo" pour prendre celle en "a". De plus, le chiffre multiplicateur étant toujours le même, à savoir 7, il n'est pas cité.

Dans ce exemple, 286.2 se prononce : "kashasa kyo". Ma date de naissance, 1982, correspond à 283.1, soit "kashada byo".


Il s'agit donc d'un système mixte, qui combine une base de 7 à un mode de croissance décimale, puisque ses multiples sont eux comptés de 10 en 10! Un système bien à part auquel il faut s'habituer...




SUFFIXES ET PREFIXES :





Voici la clef de tout le système de la langue des dieux déchus. Un astucieux groupe d'appendices venant se greffer à la racine d'un mot afin d'en modifier le sens, permet d'obtenir à partir d'un seul mot des dizianes de sens, parfois assez éloignés...


Ce système, nous l'avons en français, mais de façon beaucoup moins développée... Ainsi, ) partir du mot "faire", on obtient "défaire", "refaire, "parfaire", "surfaire", mais aussi à partir du dérivé "façon", "malfaçon"... Comme vous le voyez, on peut multiplier les mots en modifiant, non pas leur structure interne, mais ce qui les entoure...


Le shintasien possède 22 modifications de ce genre! Ce qui signifie qu'à partir d'une racine en"- a", on peut obtenir jusqu'à 22 mots au total! Et même plus, car il est possible de combiner ces combinaisons entre elles... Voici ce qui permet de diviser, tout en le démultipliant, le vocabulaire shintasien. (Le signe "-" indique selon son emplacement si l'élément est un préfixe ou un suffixe.) Après la liste, une série d'exemples seront présentés afin de mettre cela en pratique.


#1 : oyo - : adversatif


#2 : - ay : coactif


#3 : - at : marque de l'infinitif présent


#4 : - ot : marque de l'infinitif passé


#5 : - it : marque de l'infinitf futur


#6 : - ut : marque de l'infinitif irréel


#7 : - ak : adjectif


#8 : - agzé : adjectif inversé


#9 : - ap : possibilité


#10 : - ash : impossibilité


#11 : - ad : accompli, passif


#12 : - aq : inaccompli, actif


#13 : - axa * : augmentatif


#14 : - akuta * : superlatif


#15 : - aka * : hyperlatif


#16 : - enta * : diminutif


#17 : - entaga * : minilatif


#18 : - encha * : microlatif


#19 : - af : adverbe


#20 : - as : isolation du nom


#21 : - av : généralisation concrète, matérialisation


#22 : - aa : généralisation abstraite, conceptualisation


Les mots marqués d'un "#" sont utilisables seuls avant le nom ou le verbe...





Cela mérite quelques explications, car ceci est bel et bien ce qui fait de cette langue un système à part, d'une économie extraordinaire, et d'une variété combinatoire unique.

L'adversatif, oyo -, sert à construire le contraire d'un verbe, ou d'un substantif quand c'est possible. Ainsi, faire = dat, défaire = oyodat ; pouvoir = monkapa, faiblesse = oyomonkapa.

Là où cela devient interessant, c'est que certains verbes formés avec cette adversatif ont un sens positif. Par exemple, du mot phan signifiant "rien" , on tire le verbe phanat, anéantir, détruire. Mais si on applique l'adversatif, oyophanat signifie donc "le contraire de détruire", c'est-à-dire construire (barzayaranat). C'est d'ailleurs le seul cas possible de synonymes en shintasien.

De même pour les augmentatifs et diminutifs, oyo - inverse le sens. De monkapa, le pouvoir, on fait monkapaxa, un grand pouvoir. Si on y applique l'adversion, on obtient oyomonkapaxa qui signifie une grande faiblesse, l'adversatif ne s'appliquant qu'au nom.

De même pour les attributs adjectivaux. Monkapak signifie puissant, "qui a du pouvoir". Inversons-le, et on obtient monkapagzé, impuissant, synonyme du mot oyomonkapak. Ainsi, monkapak est synonyme de oyomonkapagzé, qui se traduirait "le contraire d'une absence de pouvoir"!

Cette règle est complexe, mais elle permet des combinaisons très nombreuses. Por vous en faire une idée, et aussi mettre en situation toutes ces formes, voici un petit texte où elles se retrouvent toutes.


"Quand je l'ai vue la première fois, j'ai pensé "Dieu, qu'elle est belle!". Oui, elle était d'une grande beauté, peut-être la plus belle de toutes. Nous nous sommes aimés, et nous nous aimerions encore si la Mort ne me l'avait enlevée. D'une certaine façon, je l'aime toujours ; je l'aimerai jusqu'à la fin. En réalité, sa mort devrait être le moindre de mes soucis. Je suis malade, et incurable. Je pourrais me suicider, certes, mais les auto-assasins n'ont pas leur place dans l'immense royaume de Dieu. C'en est trop de cette vie ; seule la Mort détruira ce minuscule et insignifiant désert qu'est mon existence."


"Mné dex prismotak byo, solotak "Shintaa, nek buñak!". Kné, gyodex buñaxak, gyap buñakutak nyo sin. Muk blokomuk, vèl muk blokumuk mné Kratas tot klemputtakdex. Zé, mné dex blokatak ; ko niha dex blokitak. Knétaf, kratavradex gyuné ra tak bolnencha. Gyatak qénagzé, vèl qénash. Monkaputak aykratadattak, kné, pro énagnaraqa tot hu oyoentagak shintarapowa. Xa disna akaf ; dox krataa oyobarzayaraniné xa enchak vèl mondagzé phan sinligaratak."


Voici les explications des éléments surlignés. Le "o" dans "prismotak" est la marque du passé. "aa" de "Shintaa" = le Dieu abstrait. "ak" de "buñak" = marque de l'adjectif (belle). "axa" de "buñaxak" = augmentatif (très belle). "akuta" de "buñakutak" = hyperlatif (la plus belle). "u" de "blokumuk" = marque de l'irréel (aimerions). "as" de kratas" = isolation (la mort en tant qu'évènement, et non en tant qu'être allégorique). "a" de "blokatak" = marque du présent (j'aime). "a" de "niha" = nom commun (la fin, littéralement, l'arrêt). "i" de "blokitak" = marque du futur (j'aimerai). "af" de "knétaf" = marque de l'adverbe (vraiment). "av" de "kratavradex" = matérialisation, concrètisation (sa mort, vue comme un élément physique, la fin de l'activité des cellules). "encha" de "bolnencha" = microlatif (contraire de l'hyperlatif, le plus petit souci). "agzé" de "qénagzé" = marque de l'adjectif inversé (qénagzé, ou oyoqénak, signifie littéralement "le contraire d'en bonne santé"). "ash" de "qénash" = marque de l'impossibilité (impossible d'être en bonne santé, de guérir). "ay" de "aykratadattak" = coactif (le déclencheur d'une action, faire faire). "ad" de "aykratadattak" = marque du passif ("aykratadattak" signifie littéralement "faire que l'on soit soi-même mort). "aqa" de "énagnaraqa" = élément actif ("énagnaraqa" veut dire "qui se tue lui même, à comparer avec le mot précédent). "entaga" de "oyoentagak" = minilatif (contraire de l'augmentatif, "le contraire de très petit").


Les choses sont-elles plus claires? En tout cas, cela vous montre la richesse des combinaisons possibles, et les nuances que l'on peut donner à un mot de cette façon.