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Je n’ai jamais aimé personne d’autre que toi, Scrabougnark. Tu as toujours été comme une sœur pour moi ; et puis il y eut notre relation incestueuse… Visiblement tu y as pris beaucoup de plaisir ; moi par contre… Enfin, ce n’est pas le plus important, hein ! Bref, cela avait tout changé entre nous. Je ne te voyais plus comme la gentille fille avec qui je partageais tous mes secrets. Non, tu étais devenu autre chose… Une… oui, c’est cela, une grognasse. Tu n’en n’étais que plus désirable ! Je voulais explorer chaque centimètre carré de ta peau et te caresser pendant des heures mais j’étais trop timide pour poser mes doigts sur ton corps. Voilà pourquoi j’ai utilisé le sécateur. Malheureusement, mes mains tremblaient et quand la lame a touché ton ventre, elle s’est enfoncée avec un bruit de succion particulièrement excitant. Je t’ai prise alors par l’orifice que je venais de créer. Tu t’es débattue les dix premières secondes, puis tu as dû  commencer à éprouver du plaisir puisque tu as vite arrêté. Après quelques longues minutes, ma semance a fusé et aspergé tes entrailles. Tu n’as pas réagi… J’en ai conclu que tu devais être gênée. J’ai alors entrepris de nettoyer les plaques blanchâtres qui couvraient certains de tes organes fraîchement découverts. Je me suis donc emparé du tuyau d’arrosage. Ce maudit tuyau… Jamais je ne saurai régler la puissance du jet ! J’ai ouvert la valve et l’eau t’as envahi. Comme je le craignais, la pression était trop forte. Le liquide a bien détaché le fluide dont je t’avais arrosé mais également quelques-uns de tes organes. J’ai reconnu ton foie qui, perforé par l’impitoyable lance que le tuyau était devenu, explosa au contact du mur en laissant échapper un liquide verdâtre et malodorant, en faisant le bruit répugnant d’un étron mou qui s’écrase dans l’eau des toilettes quand la digestion s’est mal passé… Quant à ton estomac, il s’est détaché de ton poitrail comme un grotesque alien. J’ai vite coupé le jet avant d’attaquer tes poumons. C’est alors que j’ai réalisé que tu n’étais pas au mieux de ta forme, ni de tes formes d’ailleurs… Mais je n’ai pas appelé les secours… J’avais trop peur de te perdre. Et puis, je n’avais pas de téléphone, ça a peut-être joué aussi… En tout cas, j’ai décidé de te laisser là, dans le lit de notre dernière union. Pourrissement final , décomposition libératrice… Tu parais plus belle de jour en jour.
Hier un cafard a crevé ton œil droit. Expression  parfaite de la faiblesse humaine face à la puissance de la Nature.
Aujourd’hui, les asticots ont achevé la démolition. Maintenant que tu n’es plus là, tout est perdu… Je ne pense plus qu’à te rejoindre. J’ai installé le sécateur assassin au milieu des parasites qui jonchent encore le matelas, et ce soir je m’allongerai. Dans quelques heures, nous serons réunis… Pour l’éternité.

A bientôt, ma douce Scrabougnark.
Je t’aime.
Stotramil
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LETTRE A SCRABOUGNARK