Aokigahara, la forêt de tous les malheurs

Posted on 21st décembre 2011 in Lieux énigmatiques

Aokigahara

Voici l’un des lieux les plus mystérieux de la planète, malgré son relatif jeune âge!

En 864, une éruption du Fujiyama (ou Fujisan, le mont Fuji, quoi!) a laminé une zone de près de 100 km autour de sa base…

En quelques décennies, la lave fertile a donné naissance à une luxuriante forêt s’étalant sur plus de 3 000 hectares (environ 30 km²), appelée de façon poétique Jukai ou encore Ki no umi (la rivière d’arbres). Mais beaucoup la considèrent comme la forêt de la mort…

Sachez que la simple évocation du nom de cette forêt suffit à créer le malaise dans une conversation avec un Japonais, voire de vous exclure purement et simplement de la vie sociale…

Mais quels éléments expliquent la crainte qu’inspire cette simple forêt?

Si l’envie vous prend d’aller vous y promener, vous serez avant tout encouragé (ou dissuadé) par des panneaux qui semblent bien étrangers à notre culture!

« Pensez à vos proches »
« Cherchez de l’aide autour de vous »
« La mort n’est pas une solution »
« Danger de mort si vous quittez le sentier balisé »

Des dizaines d’indications de ce style jalonnent les abords d’Aokigahara.

Ne cherchons pas à comprendre, et pénétrons dans la forêt maudite…

Bon, vous pouvez jeter votre boussole!

Soit l’aiguille vous indiquera immanquablement le Sud (au départ…), et non le Nord, soit elle se contentera de tourner dans le vide…

Bien sûr, si elle indiquait toujours le sud, on s’en ficherait! Il suffirait d’aller dans le sens inverse qu’elle indique… Sauf que l’aiguille change de cap de façon totalement aléatoire! Là où les choses se corsent, c’est que si l’on « écoute » la voix de sa boussole, elle nous ramène systématiquement à l’orée du bois, quels que soient les changements de direction qu’on a pu faire!

Inutile également de compter sur votre GPS : pour une raison inconnue, le signal ne traverse pas le feuillage. Même si des expériences ont prouvé le contraire… sur environ 200 mètres! De plus, il s’agit de sources gouvernementales… J’expliciterai cela plus tard! Jamais aucune expédition n’a osé traverser la forêt de part en part sur la base d’instruments de mesure qui s’affolent.

Au passage, sachez que lorsque l’on est perdu en forêt, il faut marcher en boitant sur l’autre jambe que votre pied d’appui. Car de façon inconsciente, on boite. En appuyant plus fort sur notre jambe la plus forte… Donc on tourne en rond! Pour contrer cet effet, et marcher en ligne droite, il faut donc boiter du mauvais côté! Fin de l’aparté!

Méfiez-vous du sol également…

En effet, la forêt est née sur de la lave, non de la terre. Le sol est constitué d’un manteau de feuillages d’une trentaine de centimètres d’épaisseur reposant sur une base meuble. Même si cela vous paraît stable, et plat, vous risquez la chute à tout instant. Voyez à quoi ressemble le sol de la forêt…

Sans compter que des cavités proches des crevasses que l’on peut trouver en haute montagne, tapissent la forêt.

Il semble d’ailleurs que ces « grottes » soient continuellement gelées, même en plein été.

Elles constituent des pièges mortels pour tous les promeneurs, mais aussi des repaires de choix pour les prédateurs! Et ils sont nombreux! Fourmis, serpents, corneilles, chiens sauvages, etc… Ce qui fait que lorsque l’on retrouve un corps, même après seulement quelques jours, il est méconnaissable…

Par exemple, une jeune femme qui s’était vraisemblablement perdue sur le chemin de la forêt a été retrouvée trois jours plus tard. Méconnaissable, car dévorée par les fourmis… Elle n’a pu être identifiée que grâce à son alliance, reconnue par le mari qui avait signalé sa disparition….

Bon, jusque là, rien de bien extraordinaire… Une forêt impénétrable où les gens se perdent et sont dévorés, cela n’a rien de particulier…

Sauf que Aokigahara est la fôret « number one » pour les suicides…

Soyons pragmatiques, la « mode » des suicides a démarré en 1959 quand un certain Seicho Matsumoto a publié une nouvelle, Nami no To, dans laquelle il faisait de cette forêt l’endroit idéal pour mettre fin à ses jours. A la fin, le suicide des deux amants était si bouleversant que plusieurs personnes l’ont concrétisé. On a d’ailleurs retrouvé un exemplaire de la nouvelle à leurs pieds… Un Roméo et Juliette à la Japonaise qui a bouleversé toute une génération…

En 1993, un certain Wataru Tsutsumi a à son tour publié un livre qui a encore de nos jours une grande influence sur les Japonais :  Le guide complet du suicide. Un comparatif en 198 pages des avantages et des inconvénients des divers moyens de mettre fin à ses jours. Dans lequel il cite la pendaison, en forêt de préférence, à Aokigahara en particulier, comme le meilleur moyen!

Le taux du suicide a fortement augmenté dans les mois qui ont suivi la publication.

Les chiffres font froid dans le dos à ce propos…

Voici le nombre de morts retrouvés (et j’insiste sur ce mot!) dans la forêt, année après année.

1998 : 73 morts
1999 : 68 morts
2000 : 59 morts
2001 : 59 morts
2002 : 78 morts
2003 : 105 morts

Les statistiques officielles s’arrêtent en 2003, mais chaque année, entre 200 et 350 personnes mettent fin à leur jour dans la forêt de tous les malheurs… On n’en retrouve pas la moitié…

Mais les autorités refusent désormais de communiquer sur le sujet.

La raison est que le gouvernement Japonais tente de mettre un terme à cette vague de suicides.

Comme dans le film Freddy contre Jason, ils tentent de faire taire la publicité autour de Aokigahara afin d’étouffer le phénomène de mode, mais des photos et des vidéos amateurs passent régulièrement au travers du filtre…

Bon, redevenons pragmatiques. Cette forêt, bien que relativement peu étendue, présente un décor quasi identique de bout en bout. De quoi se perdre très rapidement. L’épais feuillage au-dessus de nos têtes nous empêche de nous diriger par rapport au soleil. L’absence quasi totale de bruits encourage à la mélancolie.

Et maintenant, redevenons mystiques!

Pourquoi cette forêt est-elle aussi silencieuse?!

Malgré une population d’oiseaux tout à fait normale, Aokigahara est en effet une mer végétale de désolation, et un silence de mort règne en maître absolu à peu près partout… Sauf en certains endroits où un bruit de vent est omniprésent, alors que pas une feuille ne bouge aux alentours.

D’ailleurs, la taille réduite d’Aokigahara devrait en permettre la traversée en à peine 3 ou 4 heures, mais les Japonais prétendent qu’il est impossible de le faire.  Notamment à cause du climat extrêmement changeant du lieu. A vous de juger !

 

Il reste que cette forêt garde un mystère très inquiétant concernant les suicidés qu’on y retrouve, un état de fait que les psychologues eux-mêmes sont incapables d’expliquer… Beaucoup de ces victimes (ou coupables, selon le point de vue) sont en effet retrouvés en position agenouillée, ou assise…

 

Vous allez me dire : et alors? Sauf qu’on parle ici de pendaison!

 

N’importe quelle personne souhaitant se pendre choisira de préférence un point plus élevé dont il sortira afin de ne pas pouvoir interrompre le processus. Un tabouret, un bord de fenêtre, la rambarde d’un pont, etc…

 

Le fait que les suicidés d’Aokigahara se tuent assis ou à genoux montre que pendant toute la durée de leur agonie, ils avaient la possibilité physique de renoncer à leur acte désespéré. Mais qu’ils ne l’ont pas fait! Essayez d’imaginer un seul instant la détresse, et la détermination qu’il faut pour se laisser mourir alors qu’il suffirait de se relever pour reprendre une vie normale…

 

D’autant que contrairement aux suicidés « verticaux », la mort intervient ici après une longue asphyxie, et non suite à une rupture instantanée des cervicales.

 

Autre remarque concernant le balisage des chemins… Les autorités ont cloisonné une sorte de sentier de randonnée, bien qu’elles en déconseillent la traversée, mais en réalité ce n’est pas uniqement pour des raisons de sécurité…

 

En effet, à seulement quelques mètres des rubans de balisage, on trouve des corps… Comme si le simple fait de quitter le sentier vous exposait à la mélancolie.

 

En fait, Aokigahara rappelle deux choses. Essayez de vous souvenie du film « L’histoire sans fin » et du « Projet Blair Witch » (dont le film s’inspire en grande partie). Hé bien ici, on a un mix des deux!

 

A la fois le désespoir du héros Atreyu lorsqu’il traverse les marias de la mélancolie (au passage l’une des scènes les plus tristes de toute l’histoire du cinéma!),

et l’ambiance surréaliste de la forêt de Blair.

 

Pour conclure sur cette étrange forêt, je dirai simplement que beaucoup de personnes qui y sont mortes n’étaient pas venues là pour se suicider… On retrouve régulièrement des gens en costume cravate au porte-feuille bien rempli qui ont simplement quitté leur logis en disant « je vais me promener ». Ou d’autres personnes, sans aucun problème apparent, qui vont simplement se perdre dans l’épaisse forêt de la mort.

 

Voici une galerie de photos de morts retrouvés en ces lieux. Ames sensibles s’abstenir, certaines images sont vraiment horribles.

 

 

 

AokigaraAokigaraAokigaharaAokigaharaAokigaharaAokigaharaAokigaharaAokigahara

Pour conclure, voici les deux versions qui s’opposent.

Aokigahara est une forêt sinistre, au décor monotone, si déprimant que beaucoup ne résistent pas à la mélancolie qu’elle inspire. Le sol fortement ferreux empêche les boussoles de bien fonctionner et l’épais feuillage parasite les signaux GPS, de sorte qu’on peut facilement s’y perdre.

Aokigahara est un lieu hanté par des esprits malveillants qui vous poussent à mettre fin à vos jours. Impossible de s’en échapper si l’on quitte les sentiers battus. Seule la mort permet de quitter ces lieux…

Quoi qu’il en soit, je vous déconseille fortement d’y aller seul, hors des chemins balisés, et après avoir reçu votre feuille d’imposition! Car encore aujourd’hui, la mer d’arbres est un lieu privilégié par la Mort elle-même…

Toungouska, le Roswell Russe

Posted on 27th novembre 2011 in Conspirations, Enigmes

Toungouska, le Roswell Russe

 

Toungouska

 

 

L’évènement dont je vais dresser le portrait ici est à la fois un mystère très opaque, et le terrain idéal aux thèses les plus démentes, puisqu’en l’absence de certitudes, tout devient envisageable.

Nous sommes le 30 juin 1908 (le 17 juin pour la Russie Impériale de l’époque). Au cœur de la Sibérie, quelques rares témoins voient une boule de feu traverser le ciel. Les descriptions sont identiques, mais très vagues quant à la nature de l’objet observé. Pourtant l’observation était facile : le ciel était clair, et il était très tôt le matin.

Tout ce qu’on a pu tirer de ces témoins, c’est que l’objet ressemblait à une grosse boule de feu, qui ne laissait pas de trainée de fumée, et qui ne semblait pas tomber, mais bien « voler » en ligne droite.

A 7 H 17, l’observatoire d’Irkoutsk détecte ce qu’il prend pour un séisme de magnitude 4.5 à 5 provenant de la forêt que traverse la rivière Toungouska, à près de 1000 km de là.

L’onde de choc a été ressentie de l’Europe de l’Ouest jusqu’au USA, et le son de l’explosion a été entendu jusqu’à 1500 km de l’épicentre, mais personne ne sut ce qu’il s’était réellement produit avant la première expédition Russe. En 1927!

Oui, il aura fallu attendre près de vingt ans pour que les Russes s’inquiètent enfin du phénomène.

La raison officielle, tout comme la date déclarée, trouvent leur justification dans les troubles de l’Empire Russe, qui s’effondre en 1917. Mais aujourd’hui encore beaucoup s’étonnent des dix ans qui séparent la fin du tsar et l’expédition, et pensent qu’une première exploration a eu lieu bien plus tôt.

Voici ce que les prélèvements et les constatations ont permis d’établir.

A 7 H 14, le 30 juin 1908, l’objet, quel qu’il soit, explose en altitude au-dessus de l’épaisse forêt. Le souffle a été tel qu’il a détruit 60 millions d’arbres.

Arbres

 

Et aussi étonnant que cela paraisse, il n’y avait aucune trace de cratère, ni d’impact, et aucun débris visible. Comme si ce qui avait explosé avait été totalement anéanti avant même d’avoir touché le sol. D’après les estimations, l’explosion s’est produite entre 5 et 10 kilomètres d’altitude, et a dégagé une puissance équivalente à au moins 300 bombes d’Hiroshima.

Mais alors de quoi s’agissait-il? Voyons les diverses thèses, et les éléments qui ne collent pas avec!

 

 

La thèse de la comète

 

 

Comète

 

Thèse la plus communément admise, elle n’apporte pourtant pas entière satisfaction…

On imagine qu’une comète de petite taille a pénétré l’atmosphère. Sa coque extérieure, couverte de glace, s’est échauffée en entrant dans l’atmosphère, révélant un cœur de pierre et de silice emprisonnant des gaz explosifs. L’échauffement devenant plus intense à mesure que la comète s’approchait du sol, la roche s’est effritée à tel point que les gaz se sont retrouvés à la surface de la comète. Dès lors, un embrasement généralisé se serait produit et l’explosion a été instantanée.

Si cette théorie est satisfaisante, c’est qu’elle explique beaucoup des étrangetés de ce phénomène.

Explosion soudaine en altitude, donc pas de cratère, ni de débris, ni d’impact au sol. Le dégagement de chaleur a très bien pu atteindre une température suffisante pour tuer les 60 millions d’arbres environnants.

En revanche, trois éléments viennent contredire cette hypothèse.

Premièrement, l’onde de choc, et la vague de chaleur qui l’a accompagnée, devaient être uniformes. Pourtant, les arbres morts présentent des caractéristiques diverses. Certains sont brulés, la plupart sont déracinés, mais beaucoup sont juste morts sur pied, en ne perdant que les branches les plus fines. D’autres sont simplement penchés, mais pas tous dans le même sens… Ce qui fait penser aux dégâts observés lors d’une explosion nucléaire!

Deuxièmement, les témoins ont été très clairs sur le fait que la boule de feu qu’ils ont vue avançait en ligne droite, et semblait ne pas tomber, et qu’elle était uniforme. Or, quelle que soit la distance, le phénomène de chute est parfaitement visible lors du passage d’une comète dans l’atmosphère. De plus, la queue de la comète, constituée de glace dans l’espace, aurait été matérialisée lors de l’embrasement par une trainée de débris de roche effritée. Soit les témoins n’étaient pas bien réveillés, soit ce qu’ils ont vus ne pouvait pas être une comète!

Troisièmement, et c’est là le point le plus troublant, il existe un lac à environ 7 km du point d’explosion. En l’occurrence, le lac Cheko.

Cheko

Plus de 700 mètres de long, plus de 360 mètres de large, et profond d’environ 50 mètres. Sa forme presque rectangulaire et son orientation laisse croire qu’il peut s’agir d’un effet secondaire de l’explosion elle-même, à savoir un cratère que la rivière Toungouska toute proche aurait rempli d’eau douce. Deux éléments viennent accréditer la filiation du lac avec un impact lié à l’évènement de Toungouska : le lac n’existait pas avant (en tout cas il n’en était fait mention nulle part), et sa première apparition sur une carte date de 1928, soit 1 ans après la première expédition. Donc si il y a bien eu impact, l’explosion aérienne de l’objet n’a pas été aussi soudaine et dévastatrice que celle qu’aurait pu produire une comète remplie de gaz…

 

 

La thèse de l’astéroïde

 

 

Astéroïde

 

 

Si l’objet ne présentait pas les caractéristiques d’une comète, c’est peut-être tout simplement parce que c’était un astéroïde. D’après les estimations des scientifiques, il devait mesurer environ 50 mètres de diamètres, et ne pas peser plus de 70 000 tonnes, probablement moins. Cela expliquerait l’absence apparente de cratère et l’existence du lac Chenko (lié à la chute d’un fragment disloqué du météore), l’astéroïde ayant atteint le point critique avant de toucher le sol, ainsi que les témoignages quant à la forme de l’objet.

Seulement plusieurs éléments ne collent pas non plus avec cette thèse!

Jamais dans toute l’histoire de l’observation astronomique un tel phénomène n’a été constaté, à savoir l’explosion en vol d’une météorite déclenchant une onde sismique mesurable. La plupart du temps, les astéroïdes tombant dans notre atmosphère sont détruits bien avant d’être identifiables, à la façon des étoiles filantes, si fugaces qu’on a rarement le temps de terminer notre voeu.

Quand ils sont suffisamment massifs, ils terminent leur course folle au sol sous forme de boules de pierre de tailles diverses après s’être disloqué. Le plus gros fragment qu’on ai jamais retrouvé, pour exemple, pèse 60 tonnes. Mais le plus souvent, ce ne sont que des petits cailloux, ou des roches de quelques centaines de grammes que l’on trouve au point d’impact.

Mais une explosion atmosphérique créant un débris unique projeté à sept kilomètres et capable de former à lui tout seul un lac entier? Ce serait une première!

De plus, si l’astéroïde a été presque intégralement détruit par l’explosion, c’est qu’il devait être de taille modeste, une cinquantaine de mètres de diamètre. Comment aurait-il donc pu engendrer une puissance de 300 bombes d’Hiroshima, et dégager une onde de choc sonore perceptible à 1500 km de là, et une onde de choc mesurable à plus de 7000 kilomètres de distance?

En clair, soit l’objet était bien plus massif, et aurait dû atteindre notre sol avant d’exploser (les météorites les plus lourdes n’étant pour ainsi dire pas freinées par l’atmosphère), soit il était en effet de taille modeste, et aurait dû produire une explosion infiniment moins importante (et, pour être clair, indétectable).

 

 

La thèse de l’antimatière

Antimatière

 

 

Bien que difficile à imaginer, il existe dans l’univers une forme de matière qui au contact de la matière normale provoque une annihilation mutuelle des particules.

L’antimatière est tout simplement l’opposé de ce qui constitue notre matière normale, à savoir que ses charges électriques sont inversées (antineutrons et positrons). La rencontre d’un atome d’antimatière et d’un autre de matière provoque un transfert des charges détruisant les deux atomes en libérant une énergie très puissante.

Pour information, au moment du big bang, une titanesque quantité d’antimatière a également été émise. Mais en rencontrant la matière, en quantité plus importante, elle a quasiment disparu de l’univers. D’après les chercheurs, si l’antimatière avait été majoritaire, nous serions aujourd’hui au cœur d’un antiunivers! Et plus étonnant encore : si l’antimatière et la matière ne s’étaient pas mutuellement détruites en grande partie, notre univers serait près d’un million de fois plus vaste!

Seulement, l’espace intersidéral est vide. Il subsiste donc des amas d’antimatière qui voyagent tout comme la matière, mais en suivant des règles différentes qui nous sont malheureusement en grande partie inconnues.

L’hypothèse d’une météorite d’antimatière est donc vraisemblable. L’antimatière, au contact des divers gaz composant notre atmosphère, s’est progressivement auto-détruite, et la masse critique a été atteinte en altitude, provoquant la réaction en chaîne finale aboutissant à une très puissante explosion.

Le lac Cheko pourrait d’ailleurs parfaitement être le résultat d’une réaction analogue, mais au sol, une partie de la météorite ayant supporté la dégradation jusqu’à toucher la terre ferme.

Mais encore une fois, il n’a jamais été ni observé, ni enregistré, de phénomène similaire.

L’antimatière étant d’une nature mal connue, on ne sait pas vraiment comment réagirait un corps céleste à une entrée dans l’atmosphère.

De plus, l’antimatière ne laisse pas les photons la traverser. Pour rappel, les photons sont des éléments hypothétiques décrits par Einstein qui transportent la lumière. Mais comme il s’agit d’une particule élémentaire de charge nulle, il est en quelques sorte à la fois matière et antimatière. Deux hypothèses en découlent. Soit le photon croisant l’antimatière voit sa charge électrique s’accroitre, et finit par être absorbé. Soit, il traverse l’antimatière sans perturber le champs électrique des autres particules, et est donc invisible, mais redevient perceptible une fois qu’il l’a quittée. Tout cet exposé très technique pour en venir au fait que l’annihilation mutuelle des particules et des antiparticules est un phénomène invisible à l’oeil nu! La réaction produit de l’énergie pure sous forme de radiations, et pas sous forme de flammes. Ce qui signifie que soit les témoins ont rêvés, soit ils ont menti, puisque le météore ne pouvait tout simplement pas être observé.

Autre détail gênant : le souffle de l’explosion.

Si l’on part du principe que l’antimatière a été détruite au contact de la matière, cela signifie qu’un vide s’est créé au moment de l’explosion. Comme le disait Eisntein, l’Univers n’aime pas le vide! Il se serait créé un effet d’aspiration des gaz alentour, un appel d’air, qui aurait compensé l’effet de souffle de l’explosion. Pourtant, la plupart des arbres autour du lieu de l’incident ont été soufflés, balayés par une vague de chaleur si puissante que beaucoup ont été déracinés. Or, la loi de la conservation de l’énergie démontre clairement qu’une réaction de ce type ne peut dégager plus d’énergie qu’elle n’en absorbe. Ce qui signifie que selon toute logique, l’explosion aurait dû être compensée par le vide créé, le souffle se voyant retenu par l’effet d’aspiration. Par voie de conséquence, l’onde de choc aurait été minime, et pratiquement indétectable. Une sorte d’antiséïsme qu’aucun appareil n’est capable d’analyser!

Et pour finir, la probabilité de l’existence d’un corps céleste d’antimatière suffisamment massif pour provoquer un tel phénomène est infinitésimale.

 

 

Thèse du rayon de la mort

 

 

Tesla

 

 

On a également imaginé que Toungouska aurait pu être la conséquence d’une expérimentation de Nikola Tesla, le chantre de l’électricité. Tesla avait imaginé un réseau de super bobines magnétisées capables de lancer un rayon de la mort, une sorte de laser hyperthermique, et on sait que des expériences en ce sens ont été menées, mais jamais finalisées.

Sauf que, le rayon partant du sol, il aurait fallu qu’il croise la trajectoire d’un obstacle physique pour créer une explosion en altitude. La thèse du rayon de la mort ne résout en fait rien!

D’autant plus que Toungouska est une zone très reculée, où il aurait été difficile d’amener hommes et matériel, et surtout de maintenir une base active. Très peu de ressources alentour, aucune voies de communication, et un éloignement très important de toute ville. Même en imaginant que le site avait été choisi justement pour son isolement, il est peu vraisemblable qu’une expérience ait pu se dérouler aussi loin de tout.

Et enfin, si la Russie avait vraiment pu découvrir une arme si puissante, elle l’aurait forcément mise en avant au moment de la guerre froide. Or, seule l’arme nucléaire a été utilisée comme dissuasion. Preuve que la technologie n’existe pas.

On peut rétorquer à cet argument que c’est justement parce que l’expérience a trop bien réussi que les Russes ont abandonné le projet. Mais il ne faut pas oublier que malgré l’horreur de Hiroshima, et la tuerie de Nagasaki, personne n’a encore aujourd’hui renoncé à l’arme nucléaire…

 

 

La thèse du vaisseau extraterrestre

 

 

Crash

 

 

Inévitablement, le mystère entourant l’évènement de Toungouska amène à la thèse extraterrestre.

Peu d’éléments directs pourtant sont véritablement exploitables. Mais de doutes en indices, on peut facilement étoffer ce dossier.

Premier élément troublant : le délai avant la première expédition.Près de 20 ans s’écoulent avant que les Russes n’envoient une équipe sur place, alors que c’est un phénomène inconnu d’une ampleur jamais enregistrée. On peut imaginer qu’une ou plusieurs expéditions ont eu lieu juste après l’évènement. Et que les Russes ont caché leurs découvertes, et nettoyé le site afin d’effacer toute trace d’un crash. L’éloignement de la zone, très peu peuplée, permettait de garder au secret toute information, et tout élément matériel.

Deuxième point : le souffle de l’explosion. Ce que les arbres morts nous apprennent, c’est que l’explosion a généré une vague de chaleur non uniforme mais capable de tuer instantanément toute forme de vie. Certains de ces arbres ont été découverts en effet debout, avec seulement une ou deux branches cassées, et le tronc à peine noirci. Ceci est la caractéristique d’un souffle nucléaire. Seulement, si la formule E=mc2 a bien été formulée en 1903, elle ne trouvera d’application que plus de trente ans plus tard. L’énergie atomique est alors une inconnue de taille. Donc si un élément nucléaire a explosé, il ne pouvait pas être d’origine humaine. Il pourrait par exemple s’agir du propulseur nucléaire d’un vaisseau extraterrestre largué par ses occupants. On peut tout imaginer : une panne, un incident technique, une erreur « alien », ou une sorte de dégazage de l’espace!

Troisièmement : le nationalisme entourant Toungouska. Il aura fallu attendre près de 80 ans pour qu’une équipe non soviétique ait enfin accès au site! Seuls les Russes ont eu effectivement accès au lieu de l’explosion, lors de trois expéditions officiellement (en 1927, en 1958 et en 1961). On n’a donc comme seuls éléments la parole des services scientifiques Russes. Sauf qu’entre-temps, le régime soviétique, après avoir éliminé les élites scientifiques, a placé au secret des centaines d’informations jugées sensibles. La fin de la guerre froide, et la chute de l’union soviétique, n’ont pas levé le voile. Tout ce qu’on sait, de la parole même des Russes, c’est que le site était constellé de boules de métal et de silicates. Rien d’autre! Ce culte du secret est perçu par beaucoup comme une conspiration. De même que pour l’affaire du crash de Roswell aux USA, l’explosion de Toungouska est entourée d’un halo de non-dits, d’hypothèses et de contradictions qui enflamment l’imagination des plus sceptiques d’entre nous.

Et enfin quatrièmement : la thèse du vaisseau extraterrestre permet d’éliminer toutes les anomalies que soulèvent les autres! C’est bien ce qui est le plus gênant avec les aliens… On leur prête toutes les connaissances, toutes les technologies, tous les savoirs. Donc, quand on ne sait pas expliquer, on mise sur ET!

Bref, désolé les ufologues, il n’y a vraiment pas grand chose à se mettre sous la dent à Toungouska!

 

 

Conclusion

 

 

On ne saura probablement jamais ce qu’il s’est produit à Toungouska ce 30 juin 1908, sauf qu’à 7 H 14, un objet inconnu a explosé en basse altitude, et a provoqué via une onde de choc dévastatrice l’anéantissement de la forêt environnante.

Les éléments scientifiques sont malheureusement trop peu nombreux et trop imprécis pour être certains de quoi que ce soit. Mais il y a une chose qui est certaine, c’est que les services secrets Russes en savent plus qu’ils ne veulent bien le dire à ce sujet.

Peut-être ont-ils découvert quelque chose sur le site, peut-être l’étudient-ils en secret, peut-être, peut-être, peut-être…

Trêve de spéculations. Pour savoir ce qu’il s’est produit ce jour-là, il faudra attendre un nouveau Toungouska.

Car avec nos satellites, nos centres de recherches, nos capteurs sismiques, nos caméras, bref avec toute notre technologie, aucun détail ne nous échapperait…

En attendant, Toungouska, la rivière pierreuse, et sa forêt dévastée gardent tous leurs mystères.