Voici l’un des lieux les plus mystérieux de la planète, malgré son relatif jeune âge!
En 864, une éruption du Fujiyama (ou Fujisan, le mont Fuji, quoi!) a laminé une zone de près de 100 km autour de sa base…
En quelques décennies, la lave fertile a donné naissance à une luxuriante forêt s’étalant sur plus de 3 000 hectares (environ 30 km²), appelée de façon poétique Jukai ou encore Ki no umi (la rivière d’arbres). Mais beaucoup la considèrent comme la forêt de la mort…
Sachez que la simple évocation du nom de cette forêt suffit à créer le malaise dans une conversation avec un Japonais, voire de vous exclure purement et simplement de la vie sociale…
Mais quels éléments expliquent la crainte qu’inspire cette simple forêt?
Si l’envie vous prend d’aller vous y promener, vous serez avant tout encouragé (ou dissuadé) par des panneaux qui semblent bien étrangers à notre culture!
« Pensez à vos proches »
« Cherchez de l’aide autour de vous »
« La mort n’est pas une solution »
« Danger de mort si vous quittez le sentier balisé »
Des dizaines d’indications de ce style jalonnent les abords d’Aokigahara.
Ne cherchons pas à comprendre, et pénétrons dans la forêt maudite…
Bon, vous pouvez jeter votre boussole!
Soit l’aiguille vous indiquera immanquablement le Sud (au départ…), et non le Nord, soit elle se contentera de tourner dans le vide…
Bien sûr, si elle indiquait toujours le sud, on s’en ficherait! Il suffirait d’aller dans le sens inverse qu’elle indique… Sauf que l’aiguille change de cap de façon totalement aléatoire! Là où les choses se corsent, c’est que si l’on « écoute » la voix de sa boussole, elle nous ramène systématiquement à l’orée du bois, quels que soient les changements de direction qu’on a pu faire!
Inutile également de compter sur votre GPS : pour une raison inconnue, le signal ne traverse pas le feuillage. Même si des expériences ont prouvé le contraire… sur environ 200 mètres! De plus, il s’agit de sources gouvernementales… J’expliciterai cela plus tard! Jamais aucune expédition n’a osé traverser la forêt de part en part sur la base d’instruments de mesure qui s’affolent.
Au passage, sachez que lorsque l’on est perdu en forêt, il faut marcher en boitant sur l’autre jambe que votre pied d’appui. Car de façon inconsciente, on boite. En appuyant plus fort sur notre jambe la plus forte… Donc on tourne en rond! Pour contrer cet effet, et marcher en ligne droite, il faut donc boiter du mauvais côté! Fin de l’aparté!
Méfiez-vous du sol également…
En effet, la forêt est née sur de la lave, non de la terre. Le sol est constitué d’un manteau de feuillages d’une trentaine de centimètres d’épaisseur reposant sur une base meuble. Même si cela vous paraît stable, et plat, vous risquez la chute à tout instant. Voyez à quoi ressemble le sol de la forêt…
Sans compter que des cavités proches des crevasses que l’on peut trouver en haute montagne, tapissent la forêt.
Il semble d’ailleurs que ces « grottes » soient continuellement gelées, même en plein été.
Elles constituent des pièges mortels pour tous les promeneurs, mais aussi des repaires de choix pour les prédateurs! Et ils sont nombreux! Fourmis, serpents, corneilles, chiens sauvages, etc… Ce qui fait que lorsque l’on retrouve un corps, même après seulement quelques jours, il est méconnaissable…
Par exemple, une jeune femme qui s’était vraisemblablement perdue sur le chemin de la forêt a été retrouvée trois jours plus tard. Méconnaissable, car dévorée par les fourmis… Elle n’a pu être identifiée que grâce à son alliance, reconnue par le mari qui avait signalé sa disparition….
Bon, jusque là, rien de bien extraordinaire… Une forêt impénétrable où les gens se perdent et sont dévorés, cela n’a rien de particulier…
Sauf que Aokigahara est la fôret « number one » pour les suicides…
Soyons pragmatiques, la « mode » des suicides a démarré en 1959 quand un certain Seicho Matsumoto a publié une nouvelle, Nami no To, dans laquelle il faisait de cette forêt l’endroit idéal pour mettre fin à ses jours. A la fin, le suicide des deux amants était si bouleversant que plusieurs personnes l’ont concrétisé. On a d’ailleurs retrouvé un exemplaire de la nouvelle à leurs pieds… Un Roméo et Juliette à la Japonaise qui a bouleversé toute une génération…
En 1993, un certain Wataru Tsutsumi a à son tour publié un livre qui a encore de nos jours une grande influence sur les Japonais : Le guide complet du suicide. Un comparatif en 198 pages des avantages et des inconvénients des divers moyens de mettre fin à ses jours. Dans lequel il cite la pendaison, en forêt de préférence, à Aokigahara en particulier, comme le meilleur moyen!
Le taux du suicide a fortement augmenté dans les mois qui ont suivi la publication.
Les chiffres font froid dans le dos à ce propos…
Voici le nombre de morts retrouvés (et j’insiste sur ce mot!) dans la forêt, année après année.
1998 : 73 morts
1999 : 68 morts
2000 : 59 morts
2001 : 59 morts
2002 : 78 morts
2003 : 105 morts
Les statistiques officielles s’arrêtent en 2003, mais chaque année, entre 200 et 350 personnes mettent fin à leur jour dans la forêt de tous les malheurs… On n’en retrouve pas la moitié…
Mais les autorités refusent désormais de communiquer sur le sujet.
La raison est que le gouvernement Japonais tente de mettre un terme à cette vague de suicides.
Comme dans le film Freddy contre Jason, ils tentent de faire taire la publicité autour de Aokigahara afin d’étouffer le phénomène de mode, mais des photos et des vidéos amateurs passent régulièrement au travers du filtre…
Bon, redevenons pragmatiques. Cette forêt, bien que relativement peu étendue, présente un décor quasi identique de bout en bout. De quoi se perdre très rapidement. L’épais feuillage au-dessus de nos têtes nous empêche de nous diriger par rapport au soleil. L’absence quasi totale de bruits encourage à la mélancolie.
Et maintenant, redevenons mystiques!
Pourquoi cette forêt est-elle aussi silencieuse?!
Malgré une population d’oiseaux tout à fait normale, Aokigahara est en effet une mer végétale de désolation, et un silence de mort règne en maître absolu à peu près partout… Sauf en certains endroits où un bruit de vent est omniprésent, alors que pas une feuille ne bouge aux alentours.
D’ailleurs, la taille réduite d’Aokigahara devrait en permettre la traversée en à peine 3 ou 4 heures, mais les Japonais prétendent qu’il est impossible de le faire. Notamment à cause du climat extrêmement changeant du lieu. A vous de juger !
Il reste que cette forêt garde un mystère très inquiétant concernant les suicidés qu’on y retrouve, un état de fait que les psychologues eux-mêmes sont incapables d’expliquer… Beaucoup de ces victimes (ou coupables, selon le point de vue) sont en effet retrouvés en position agenouillée, ou assise…
Vous allez me dire : et alors? Sauf qu’on parle ici de pendaison!
N’importe quelle personne souhaitant se pendre choisira de préférence un point plus élevé dont il sortira afin de ne pas pouvoir interrompre le processus. Un tabouret, un bord de fenêtre, la rambarde d’un pont, etc…
Le fait que les suicidés d’Aokigahara se tuent assis ou à genoux montre que pendant toute la durée de leur agonie, ils avaient la possibilité physique de renoncer à leur acte désespéré. Mais qu’ils ne l’ont pas fait! Essayez d’imaginer un seul instant la détresse, et la détermination qu’il faut pour se laisser mourir alors qu’il suffirait de se relever pour reprendre une vie normale…
D’autant que contrairement aux suicidés « verticaux », la mort intervient ici après une longue asphyxie, et non suite à une rupture instantanée des cervicales.
Autre remarque concernant le balisage des chemins… Les autorités ont cloisonné une sorte de sentier de randonnée, bien qu’elles en déconseillent la traversée, mais en réalité ce n’est pas uniqement pour des raisons de sécurité…
En effet, à seulement quelques mètres des rubans de balisage, on trouve des corps… Comme si le simple fait de quitter le sentier vous exposait à la mélancolie.
En fait, Aokigahara rappelle deux choses. Essayez de vous souvenie du film « L’histoire sans fin » et du « Projet Blair Witch » (dont le film s’inspire en grande partie). Hé bien ici, on a un mix des deux!
A la fois le désespoir du héros Atreyu lorsqu’il traverse les marias de la mélancolie (au passage l’une des scènes les plus tristes de toute l’histoire du cinéma!),
et l’ambiance surréaliste de la forêt de Blair.
Pour conclure sur cette étrange forêt, je dirai simplement que beaucoup de personnes qui y sont mortes n’étaient pas venues là pour se suicider… On retrouve régulièrement des gens en costume cravate au porte-feuille bien rempli qui ont simplement quitté leur logis en disant « je vais me promener ». Ou d’autres personnes, sans aucun problème apparent, qui vont simplement se perdre dans l’épaisse forêt de la mort.
Voici une galerie de photos de morts retrouvés en ces lieux. Ames sensibles s’abstenir, certaines images sont vraiment horribles.






Pour conclure, voici les deux versions qui s’opposent.
Aokigahara est une forêt sinistre, au décor monotone, si déprimant que beaucoup ne résistent pas à la mélancolie qu’elle inspire. Le sol fortement ferreux empêche les boussoles de bien fonctionner et l’épais feuillage parasite les signaux GPS, de sorte qu’on peut facilement s’y perdre.
Aokigahara est un lieu hanté par des esprits malveillants qui vous poussent à mettre fin à vos jours. Impossible de s’en échapper si l’on quitte les sentiers battus. Seule la mort permet de quitter ces lieux…
Quoi qu’il en soit, je vous déconseille fortement d’y aller seul, hors des chemins balisés, et après avoir reçu votre feuille d’imposition! Car encore aujourd’hui, la mer d’arbres est un lieu privilégié par la Mort elle-même…





