Dracula, le Prince des Ténèbres

Posted on 11th janvier 2011 in Personnages mythiques

Dracula

Dracula… Sous ce nom mystérieux se cache le premier de tous les vampires selon certains, le Prince des Ténèbres selon d’autres… Ce mot est synonyme de vampirisme, de démon buveur de sang, d’orgie satanique, et que sais-je encore… Mais quelle est donc l’origine du mythe?

Le conte Dracula est né sous la plume de l’écrivain Bram Stoker en 1897 dans le roman éponyme, Dracula. Si les choses étaient si simples, l’exposé s’arrêterait là… Mais le sieur Stoker n’a pas inventé son personnage de toute pièce. C’est par hasard qu’il découvrit dans un livre traitant des provinces de Wallachie et de Moldavie rédigé en 1820 le nom du héros sanguinaire qui lui apportera la gloire : Vovoide Vlad « Tepes » Dracula.

Le véritable "comte" Dracula

Vovoide Vlad "Tepes" Dracula

Vlad Dracula était un prince qui régna sur la région au 15ème siècle de notre ère. Ce qui attira Stoker dans la description très succincte (et partiellement faussée d’ailleurs) de ce personnage fut son surnom : Vlad IV L’Empaleur. En effet, Vlad avait la désagréable habitude de faire subir le supplice du pal à quiconque lui déplaisait, à la façon d’un iznogood bien plus cruel. Il se trouve que ce que beaucoup prennent pour son nom, « Tepes », signifie « pal », tout simplement!

Pour vous figurer sa cruauté, voici quelques croustillantes anécdotes.

A son arrivée au pouvoir, Dracula décrèta qu’il ne devait pas y avoir de pauvre sur son territoire. Il convoqua donc la population désoeuvrée de toute la région pour un banquet somptueux. Les tables dressées étaient immenses, et jonchées de victuailles ; la nouvelle avait fait grand bruit, et le festin fut un succès… Mais en plein repas, l’hôte, le sieur Vovoide « Vlad » Dracula, quitta ses invités sous un pretexte quelconque, ferma la porte de la salle de bal à l’aide d’une très grosse clanche en bois… et fit incendier la pièce! Comme il l’avait décrèté, son royaume n’aurait pas de pauvres ; pour cela, il alla jusqu’à sacrifier des centaines de vies, ainsi qu’une aile entière de son vaste château.

Mieux encore! Ce héros terrifiant parvint à repousser une armée de plus de 3000 Turcs, avec une stratégie pour le moins… expéditive! Se sachant menacé, il réunit toute son armée, et ordonna à son général le plus fidèle d’empaler un soldat sur douze parmi ceux qui refuseraient d’aller au combat. Le général refusa, et Vlad le transperça sur le champ. Les soldats furent effectivement empalés. Les Turcs, à qui on avait rapporté l’information que les suppliciés étaient des compatriotes capturés au combat, eurent la vision de collines couvertes de pals ensanglantés, écrins de personnes souvent encore en vie qui hurlaient leur douleur. Horrifiés, ils battirent en retraite, mais Vlad ne leur en laissa pas le temps. En moins de trente minutes, les 3000 Turcs furent vaincus par une armée estimée à 850 hommes.

Pal

Le supplice du pal

Dans un style différent, mais tout aussi impressionnant, Vlad fit orner une fontaine d’une coupe en or afin de démontrer qu’il avait vaincu la criminalité. Grand bien lui en a pris ; la coupe ne fut jamais dérobée…

On dit aussi que des émissaires étrangers ayant gardé leurs turbans lorsqu’ils se sont présentés à lui se sont vu infliger une bien étrange peine… Vlad ordonna qu’on leur cloua leurs coiffes à même le crâne!

Enfin, ce qui reste le plus épouvantable, c’est le nombre présumé de ses victimes…  Pendant les quelques années qu’a duré son règne, Vlad aurait tué, fait tuer, ou empaler, plus de 100 000 personnes…

D’où vient le nom de Dracula? Hé bien en réalité il s’appelait Voivoide (grade militaire le plus élevé équivalent à général) Vlad, dit « Tepes » (l’empaleur), chevalier de l’ordre des Dragons (Dracula, en roumain ancien). Un ordre de chevalerie créé pour défendre la chrétienté contre l’ennemi ottoman…

Sa soif de sang ainsi qu’une confusion malheureuse suffirent à créer sa légende : le mot Dracula, abusivement traduit « démon », désigne également une sorte de créature marine visqueuse proche de la sangsue mais bien plus grande, ressemblant à l’inoffensive hydre de nos lacs. Les populations incultes et illettrées en conclurent très vite que Vlad IV était un vampire….

« Comment? Un vampire? Mais je pensais que c’était Bram Stoker qui les avait inventés! », se diront certains, et je ne peux les en blâmer. C’est en effet ce que les divers films, livres, séries ou bandes dessinées nous font penser, car le modèle utilisé est toujours celui de Stoker… Exception notable au passage : la série Buffy contre les Vampires est une des seules à ma connaissance à présenter une vision proche de la légende originelle de ces noctambules sanguinaires.

Pour connaître l’origine du mythe vampirique, replongeons-nous à l’époque de la création du monde… Dieu a bâti un premier monde peuplé de géants habiles pour construire… mais plus encore pour détruire! Cette créature primordiale, que les arabes assimilent au Djinn (le génie d’Aladin en version originale, cf le film Wishmaster pour de plus amples détails), Dieu préféra la détruire par le Feu. Il créa alors une nouvelle espèce, plus docile, une sorte de surhomme… Mais là aussi, sa création le déçut. Il la détruisit donc par les eaux (le fameux déluge…). Ce n’est qu’alors qu’il comprit : il créa une espèce subalterne pour le royaume terrestre (l’Homme) et une race supérieure qui la contrôle depuis les sphères célestes (les Anges). Et les vampires dans tout cela? Hé bien si le feu est très efficace pour nettoyer ses erreurs, l’eau l’est beaucoup moins. La première espèce n’a laissé aucune trace ; mais la deuxième a eu une chance extraordinaire au moment de son extinction. Tandis que Dieu détruisait ses congénères avec fureur, l’un de ses représentants parvint avant de succomber à son tour à mordre le nouveau jouet de Dieu. Quelle était son intention? Sans doute pas celle de créer cet être hybride que nous appelons aujourd’hui vampire… Mais c’est pourtant bien ce qu’il arriva : dès l’apparition de l’Homme sur Terre, le Vampire était là.

Ajoutez à cela une croyance locale faisant état de créatures mortes-vivantes qui venaient pendant la nuit pour aspirer la vie de leurs victimes… par les orteils! Les Strygoïs (également appelées stryges, strygues, estrigues, ou encore estrugues selon les régions et les traditions) étaient une transposition du mythe de la possession démoniaque. Sensés survivre en volant l’énergie vitale des jeunes vierges, mais aussi en se nourrissant de morceaux de cadavres dans les cimetières, ils avaient la capacité de marcher sur les murs, mais ne pouvaient vivre dans la lumière du soleil. Non pas à cause des rayons nocifs qui les auraient brulés, mais tout simplement à cause de l’absence d’humidité qui les desséchait sur place. C’est pourquoi on disait qu’ils se cachaient dans les montagnes, et attendaient la nuit pour sortir de leur tanière…

Mélangez tout cela à la comtesse Bathory, et vous obtenez Dracula! Comment? Ah, oui, je n’ai parlé de la comtesse!

Bien sûr, nous parlons là de mythe… Mais cela explique, de façon certes allégorique, que la légende du vampire est très ancienne ; ce qui explique pourquoi Bram Stoker s’en éloigne autant!Son Dracula possède des aptitudes que les légendes (orales) antérieures n’ont jamais décrites, et certaines prérogatives disparaissent au contraire… Voici un portrait du vampire Stokerien.

Dracula

Un vampire ultra crédible...

Dracula est une créature à peine humaine. Ses yeux vitreux, sa peau étrangement ridée, sa stature très imposante en font une personne très impressionnante. Il se déplace très rapidement et dans un silence absolu, car il peut flotter au-dessus du sol, et même prendre son envol vers les vastes cieux. Il ne se reflète pas dans les miroirs. Son ombre possède une sorte d’autonomie, et prend parfois sa place… Ses ongles et ses cheveux sont très longs. Il ne supporte pas la vue d’un crucifix, ni le soleil, ni l’eau bénite, ni l’ail, et le seul moyen de le tuer est de lui planter un pieu aiguisé dans le coeur… Il survit en aspirant le sang de ses victimes…

Reprenons donc cette petite description. Dracula est hideux : il faut que chacun puisse le reconnaître pour ce qu’il est, comme dans les contes pour enfants. Il est très grand, très imposant : il doit faire peur au premier regard. Il se déplace comme par magie : ainsi il est impossible de prévoir son attaque. Il est capable d’apparaître et de disparaître, et de voler : il peut donc attaquer n’importe où, n’importe quand. Pas de reflet dans le miroir : ainsi même s’il se trouvait derrière nous face audit miroir, nous serions incapables de détecter sa présence. Son ombre est vivante : elle peut ainsi sous forme vaporeuse pénétrer par le moindre interstice. Cheveux et ongles sont très longs : c’est une des malheureuses prérogatives d’un cadavre que de voir ces deux éléments continuer à pousser longtemps après le décès. Il ne supporte pas la vue d’un crucifix : Dieu est tout puissant. Il ne supporte pas le soleil : il ne peut donc attaquer la journée quand les rues sont pleines. Il ne supporte pas l’ail : tout le monde peut donc se défendre, l’ail étant à la fois très bon marché et très facile à trouver. On ne peut le tuer qu’à l’aide d’un pieu dans le coeur : il est donc très difficile à tuer, mais sans être invincible. Il se nourrit de sang : ainsi, personne n’est à l’abri.

Et maintenant, voici le vampire pré-Stokerien.

Le vampire est un homme tout à fait comme les autres, du moins en apparence. La seule chose qui le caractérise vraiment est sa constante mauvaise haleine. Il est tout aussi grand que vous et moi, ni plus ni moins. Il ne vole pas sous sa forme humaine, mais peut au besoin se transformer en divers animaux (loup, chauve-souris, araignée, corbeau, rat…). Il ne supporte pas la lumière du soleil, pas plus que le contact de l’eau. Il possède une très grande force physique, mais son corps est aussi fragile que celui de n’importe quel mortel. Par contre, à moins de lui trancher la tête, il revient systématiquement à la vie… Afin de survivre, il se nourrit de divers constituants humains (sang bien sûr, mais aussi foie, cœur, poumon, yeux…).

Reprenons donc cette petite description. Il est comme n’importe quel humain : c’est pourquoi on en peut le reconnaître. Se mauvaise haleine : un signe, non une preuve, de son alimentation particulière. Il est de taille normale : impossible de le repérer. Il se transforme en divers animaux : ainsi il peut se déplacer discrètement partout, et se faire passer pour un  véritable insecte. Il ne supporte pas la lumière du soleil : impossible donc d’attaquer en plein jour. Il ne supporte pas l’eau : il suffit donc de créer une barrière aquatique ou de l’asperger afin de le repousser ; de plus il n’attaque jamais par temps de pluie. Il est très fort, mais normalement résistant : il est donc vincible par n’importe qui. Il revient toujours à la vie sauf si on lui tranche la tête : il est donc à la fois immortel et mortel. Il se nourrit de morceaux humains : il récupère ainsi sa part d’humanité le temps d’un repas.
Les divergences sont nombreuses, mais certaines sont très importantes. Quand je dis que le vampire ne supporte pas la lumière du soleil, je veux dire qu’à l’instar de certaines plantes il ne supporte même pas de se trouver à l’ombre en plein jour. La lumière lui brûle la peau instantanément. De même pour l’eau : pas besoin qu’elle soit bénite pour le faire souffrir. De plus, le fait que le vampire se nourrissait prétendument d’organes était bien souvent une explication à de  mystérieuses exhumations nocturnes, lesquelles créèrent d’ailleurs le mythe du cadavre brisant son cercueil (ce qui compte tenu du poids de la terre sur le bois est totalement impossible). Les explications divergent à ce propos ; certains y voient des pratiques occultes (cf la comtesse <a href=target= »_blank »>Bathory</a>)… Mais ce qui est sûr, c’est que la contamination par la morsure du vampire n’a pas attendu Stoker pour exister. Cependant, les gens n’y voyaient qu’une sorte de possession démoniaque, et la traitaient avec un simple exorcisme. L’efficacité du traitement placebo par excellence prouve d’ailleurs que dans la plupart des cas, il s’agissait de mythomanie ou de superstition…

Alors qu’en est-il du vampire ? Existe-t-il vraiment ?

Le terrifiant vampire...

Oui, il existe une minuscule forme de chauve-souris se nourrissant exclusivement de sang et portant le nom de « vampire ».  Mais l’existence des descendants de la deuxième bévue divine est à chercher du côté de la science…

Il existe en effet une maladie, la porphyrie érythropoïétique congénitale, dont les symptômes devraient vous rappeler quelque chose : photodermatite (hypersensibilité à la lumière),  troubles psychiatriques (hyperviolence), érichrodontie (déformation de la mâchoire provoquant la surexposition des canines ainsi que leurs phosphorescence nocturne), hyperpilosité (accroissement de la pilosité encore plus visible lors d’exposition au soleil), intolérence à l’ail (qui agrave les douleurs abdominales et la pilosité du malade)… De plus, urine et lèvres du malade sont pourpres.  J’ajoute qu’il s’agit d’une affection sanguine qu’une absorption régulière de sang sain pourrait sinon guérir du moins atténuer ; et que fut un temps on compensait une saignée par du sang d’animal que le patient devait boire.

Alors, convaincu ? Moi, non ! « Comment ? C’est son exposé mais il n’est pas convaincu ? » Hé oui ! Car si la porphyrie présente bien tous les symptômes réalistes du vampirisme, il subsiste un problème de taille : les quelques cas rarissimes recensés aujourd’hui ont permis de préciser la connaissance de cette maladie découverte il y a relativement peu… Impossible de prétendre que Bram Stoker, ou les diverses superstitions antérieures aient pu s’en inspirer… Les coïncidences sont troublantes, mais ne peuvent constituer une preuve…
Méfiez-vous donc, car au cœur des ténèbres se cache peut-être une créature monstrueuse qui, si elle n’a que peu  de points communs avec le Dracula du roman, n’en est pas moins un

vampire

Vampire!

La légende du loup-garou

Posted on 11th janvier 2011 in Créatures mythiques

Ce terme enflamme l’imagination populaire depuis des générations ; pourtant, ce que connaissent les gens du mythe est souvent plus que limité. De plus, les produits « culturels » de masse ont diffusé quantité de déformations apportées au mythe originel… Avant toute chose, voyons donc ce qu’est un loup-garou.

Le loup-garou, terme hautement impropre d’ailleurs, désigne un être humain transformé par un sortilège en une créature des ténèbres abusivement comparée au loup. L’expression vient du vieux français « se garer de », qui signifie « se méfier de ». Au départ, un loup-garou est un loup dont il faut se méfier.

Pourquoi ce terme? Hé bien la raison est simple! Un loup seul a peur de l’homme, et ne l’attaque jamais. Tandis qu’en meute, il devient un adversaire mortel. Mais le loup-garou est éminemment dangereux, même seul! Le problême de cette expression est qu’elle assimile la créature à un loup…

Le terme le plus approprié pour parler de ladite créature est « métamorphe », ce qui signifie « qui a changé de forme ». On utilise parfois le mot « lycanthrope », « homme loup », mais il a le désavantage d’avoir une connotation psychiatrique. La lycanthropie est en effet une maladie reconnue où la victime se prend pour un loup et revient à ses instincts bestiaux les plus primaires. Rien à voir avec notre métamorphe…

Comment devient-on métamorphe? Pas comme vous le pensez, j’en ai peur… Selon la version la plus répandue, il faut pour cela être mordu ou griffé par un loup-garou, qu’il soit sous sa forme humaine ou animale. Mais cela pose un gros problême! A l’instar de l’oeuf et de la poule, il a bien fallu un début à la chaîne! Cette version est tout simplement fausse…

La légende originelle se présente sous plusieurs versions…

La première veut  qu’un loup banal aurait un jour croisé la route d’une créature du Mal. Certains parlent de Satan en personne, d’autres d’un simple démon, d’autres encore d’une sorte de mauvais sorcier… Ce loup, se sentant menacé par l’aura maléfique de la créature a souhaité se défendre… Il s’est jeté sur lui, et serait devenu suite à la morsure une créature du Mal. (Soit la morsure l’a contaminé, soit le démon l’a maudit).

La deuxième, plus romancée, inverse les rôles. Un homme aurait rencontré un démon mystérieux à tête de loup, qui l’aurait maudit pour avoir vu son vrai visage.

Démon-loup

D’après les éléments physiolgiques et les « témoignages » (si on peut les appeler ainsi), seule la première version est crédible, à savoir que le premier loup-garou n’était pas humain.Le maléfice qu’il subissait, lié aux phases de la lune, source des pouvoirs occultes, le condamnait à se transformer en une monstrueuse bête meurtrière. La suite est évidente, et sans doute imprévue par celui qui avait lancé le sort : à la faveur d’une morsure, la malédiction s’est transmise à l’homme…

Aë!

Contrairement à ce que l’on croit, la transformation du métamorphe n’a pas lieu lors de la pleine lune, en tout cas pas complètement. Elle commence trois à quatre jours auparavant, et s’achève trois à quatre jours plus tard. Ce n’est que le soir de pleine lune, quand l’astre nocturne est à son apogée, que la puissance de la créature est totale. Durant la phase qui précède et qui suit ce climax, le corps se transforme graduellement. Les dents tombent, et sont remplacées par des crocs, tandis que les ongles se détachent et que poussent les griffes. Puis, la pilosité tout comme l’appétit augmentent de façon exponentielle. A ce stade, la soif de sang devient dangereuse ; bien que non finalisée, la créature est déjà mortelle. La veille de la pleine lune, les sens du métamorphe décuplent en acuité. Les oreilles acquièrent la capacité de s’orienter en direction du son ; elles se couvrent d’un fin duvet. Les yeux sont recouverts par une sorte de cataracte noire sous laquelle l’iris se métamorphose à son tour ; à ce stade, la bête voit dans l’obscurité la plus totale.

Loup La nuit de la pleine lune, enfin, la transformation s’achève. La peau du corps se déchire cmme une toile, et la carcasse animale explose littéralement.La cage thoracique s’agrandit pour accueillir les trois coeurs et les quatre poumons de la créature, qui lui octroient une endurance absolue. Son visage prend l’aspect plus ou moins repoussant de son créateur : une gueule de loup… Alors, la bête est toute puissante!

Vous êtes étonnés, et c’est normal. Vous êtes sceptiques, et c’est compréhensible… Mais ce que je viens de décrire est le mythe originel…  Le loup-garou ne peut tout simplement pas vivre parmi les autres hommes, car près du huit jours par mois, il possède une forme animale.

Seulement, certains aspects de ce mythe ne plaisaient guère au grand public ; c’est pour cela qu’ils n’ont jamais été repris ni au cinéma, ni dans les bandes dessinées.

Par contre, l’aversion du loup à l’argent fait partie de la légende première. Mais pourquoi? Hé bien les capacités extraordinaires de régénération du métamorphe se trouvent complètement paralysées quand la blessure est faite avec une arme de ce matériau.

Comme dans tout mythe, il existe deux explications : l’une bassement matérielle (pour rendre la chose plus palpitante), l’autre symbolique (pour un minimum de crédibilité ésotérique). D’un point de vue matériel, l’argent est très cher, et difficile à mettre en forme ; cela en fait donc un moyen délicat pour tuer la créature. D’un point de vue symbolique, l’argent est l’opposé opposé exact à la puissance de la Lune. De même que le plomb isole des radiations atomiques, l’argent isole des radiations lunaires. Le loup se retrouve donc privé de la source de son pouvoir.

Cela dit, l’effet n’est pas celui que l’on peut voir au cinéma… Pas de fumée, pas de hurlement, pas de retransformation en humain… La blessure ne guérit pas, un point c’est tout. Un garou blessé ainsi ne se régénère qu’à condition de laver la plaie de la limaille qui la couvre. Mais comme je l’ai dit plus haut, la métamorphose est irréversible tan que son cycle n’est pas achevé. Même s’il meurt, le loup-garou garde une forme inhumaine. Seulement, privé de sa vie, il est également privé de son pouvoir, de sa force surnaturelle. Un garou mort n’est rien de plus qu’un loup, indétéctablement normal! Quant au délire sur la détransformation dès qu’un nuage cache la pleine lune, alors là…

J’ai dit que la transformation était irréversible… Ce n’est pas tout à fait exact… Il existe deux moyens de briser la malédiction, tous deux très difficiles. Le premier est de retrouver le loup qui vous a mordu et de le mordre à votre tour lors de sa phase métamorphe. La double exposition des cellules à un sang mutant à l’effet d’un cancer ; les cellules anormales sont détruites par l’organisme, et le garou redevient purement humain. La difficulté de la chose est que cela doit se faire lors de la pleine lune, c’est-à-dire lorsque le loup est le plus puissant. C’est le choc des titans, un combat à mort… Le second moyen est plus simple à réaliser en théorie… Il « suffit » au garou de féconder une femme humaine lors de la pleine lune… puis de mordre le bébé au moment exact de sa naissance! La mutation passe alors dans le corps de l’enfant, où elle n’est pas rejetée puisque l’ADN est très proche. Et le sang de ce bébé sain guérit celui de son père. L’inconvénient de cette méthode est qu’il est mortel pour la mère (le cordon ombilical la reliant au bébé en mutation la contamine, et la puissance en est telle qu’elle y succombe). De plus, elle ne fait que créer une nouvelle lignée. Elle déplace le problème au lieu de le supprimer…

Voilà pour le mythe ; parlons de la réalité maintenant. Dans la plupart des cas, les métamorphes signalés par des victimes ne sont que des… ours! Hé oui! L’aspect velu, griffu, dentu de la bête incriminée n’est qu’interprétée par la personne attaquée ; son esprit déforme la réalité pour en faire un épisode surnaturel. Car de toute façon, si la métamorphose était si aisée, le monde serait empli de métamorphes.

Loup