En mettre sa main au feu

Posted on 27th février 2011 in Superstitions

Très ancienne croyance, venant du moyen-âge le plus obscurantiste, cette expression, encore très largement utilisée, a une origine atroce…

 

En des temps reculés, où les superstitions régnaient, on considérait le feu comme un élément purificateur…

Lorsqu’on était offensé, voire accusé par une autre personne, on pouvait en appeler au jugement du feu. En réalité, dans les faits, c’était presque toujours le prêtre du village qui ordonnait cette terrible (et absurde) épreuve.

 

Les deux adversaires (accusateur et accusé) devaient placer leur avant-bras au-dessus d’un foyer ardent, jusqu’à obtenir des brûlures au second, voire troisième degré.

 

Le jugement ne se faisait pas sur qui retirait sa main le premier, ou qui ressentait le moins de souffrance… Mais simplement sur celui qui guérisait le plus rapidement! D’autant que bien souvent, l’accusation faisait acte de sorcellerie!

 

Bien des innocents périrent sur des bûchers pour avoir simplement un système immunitaire plus lent…

 

En mettre sa main au feu n’est donc pas qu’une simple expression, mais une croyance si ancienne que son sens nous échappe aujourd’hui.

 

Ne l’utilisez donc pas à mauvais escient!

Se serrer la main

Posted on 12th janvier 2011 in Superstitions

Se serrer la main? Une superstition? Hé oui!

L’usage nous vient de l’antiquité. Les Grecs avaient l’habitude de se saluer en se serrant mutuellement le poignet droit, la main englobant l’avant-bras… Mais cela n’avait rien d’un geste amical, bien au contraire! Les routes étaient longues et périlleuses entre les cités. Il fallait voyager armé, mais une épée aurait été bien encombrante et trop voyante. Alors, les voyageurs avaient pris l’habitude de dissimuler sous leur gantelet droit une dague d’une quinzaine de centimètres destinée à surprendre un ennemi éventuel. Quand l’usage devint systématique, et lors de rencontres, les gens vérifiaient en serrant le poignet de l’interlocuteur qu’il ne dissimulait pas d’arme, qu’il était donc inoffensif.

A travers le temps, ce geste de méfiance est devenu amical… Mais remarquez que les choses n’ont pourtant pas beaucoup changé ; si on refuse de vous serrer la main, vous réagissez au mieux avec méfiance, souvent avec mépris, au pire avec colère…

Encore une fois, une lecture symbolique existe. Il faut savoir qu’un sorcier peut dominer une autre personne à la condition de le toucher plus haut que vous ne le touchez vous-même. En clair, si un sorcier vous met la main sur l’épaule, alors que vous lui avez seulement serré la main, il peut vous envouter.

Se serrer la main place donc les deux interlocuteurs sur un pied d’égalité, et démontre la bonne foi de l’un et de l’autre.

Bailler sans mettre sa main devant sa bouche

Posted on 11th janvier 2011 in Superstitions

Ceci est un exemple d’antésuperstition, autrement dit un dérivé d’une ancienne superstition dont on a oublié l’origine, et qui en a donné une autre.

Dans le temps, on pensait que la bouche était la voie privilégiée par laquelle les démons prenaient possession du corps. Le fait de parler, de remuer les lèvres tout en expulsant de l’air, était suffisant pour repousser les attaques. Mais lors d’un baillement, le souffle n’a que très peu de puissances, et la bouche reste grande ouverte ; n’importe quel démon a alors quartier libre. C’est pourquoi il fallait bailler en se couvrant la bouche ; ainsi, l’entrée était bouchée (vous apprécierez le jeu de mot).

Cette croyance venait elle-même d’un passé bien plus lointain…

Dans l’Egypte Antique, la bouche était la voie de communication entre le corps et l’âme. A noter qu’à cette époque, on n’avait pas une mais cinq âmes! L’une d’entre elles était liée au souffle divin. Bailler était dangereux, car une partie de notre essence s’en allait avec notre expiration. Les Egyptiens ne baillaient donc jamais que la bouche fermée. C’est pour la même raison que l’on utilisait dans les offices d’embaumement une serpette d’or afin d’écarter les mâchoires du défunt. Ainsi, l’âme pouvait réintégrer le corps à loisir.

En d’autres termes, bailler sans mettre sa main devant la bouche n’est pas impoli en tant que tel ; c’est virtuellement dangereux pour votre âme!