Le nombre 13

Posted on 12th janvier 2011 in Superstitions

Selon les gens, et les époques, sa signification varie. Bonheur pour certains, malheur pour d’autres, son origine est discutée. Le plus probable concernant sa mauvaise réputation se trouve dans la Bible… Les Démons originels étaient tout simplement au nombre de 13. Est-ce pour conjurer le sort que Jésus se serait entouré de 13 disciples? Peut-être…

Le fait qu’on associe le 13 au vendredi a deux origines distinctes, l’une étant bien plus sordide que l’autre…

Comme je l’ai dit, Jésus était entouré de 13 apôtres. Et le jour de la semaine associé à Jésus est le vendredi. (on prétend que le fils de Dieu serait né un vendredi…). Le vendredi 13 associe donc Jésus et tous ses apôtres. Un hommage implicite qui permet de célébrer le fils de Dieu en toute discrétion (les premiers chrétiens étaient empalés, crucifiés, ou enterrés vivants en raison de leur « hérésie »).

L’autre origine du vendredi 13 est un tragédie. C’est en effet le vendredi 13 octobre 1307 que Philippe IV le Bel ordonna l’arrestation (et la mise à mort) de tous les membres de l’Ordre sacré des Templiers.

C’est d’ailleurs de là que naît le conflit entre porte-bonheur et porte-malheur! Les catholiques fervents, fidèles au Saint Père, considéraient les Templiers comme des hérétiques. Leur mort était donc une bonne chose, et le vendredi 13 un jour béni!

Pour les autres, cela reste un massacre inutile, basé sur des motifs politiques et économiques. Le vendredi 13 est donc un triste anniversaire…

Mais il se trouve que le 13 possède également un symbole intrinsèque bien plus mystique. (Attention, prise de tête!)

La kabbale, dont les scribes du Livre Saint étaient des adeptes, nous décrit la symbolique du chiffre. Le 1, le cercle indivisible, représente l’origine de toute chose, l’ensemble de l’univers réuni en un seul point. C’est donc Dieu, l’unique, l’Un. Le 3, le premier polygone issu du cercle, représente la révélation, la concrétisation d’une valeur intangible, l’accomplissement, et bien entendu la trinité.
D’un point de vue symbolique, le 13 est donc l’union de Dieu (1) et du monde matériel (3), de l’unité et de la triplicité. Il évoque donc le passage du Créateur du statut de Dieu unique à celui de Dieu triple par le biais de la matérialisation. Plus simplement, il signifie le passage de Dieu à la trinité par l’incarnation de son fils, Jésus Christ.

On retrouve la trace de cette superstition partout autour de nous. Ainsi, les compagnies aériennes ont toujours évité ce chiffre. Aucun avion ne porte jamais le numéro 13, aucun vol non plus. De la même façon, un vol n’est jamais entièrement occupé ; la place numéro 13 reste toujours vide. De la même façon, les hôtels évitent d’avoir une chambre 13 ; les propriétaires ne construisent pas un 13, mais un 11 bis…

Pourtant, cette symbolique n’est pas universelle…

Savez-vous qu’en Italie le chiffre maudit est le 17? La raison en est on ne peut plus stupide… En caractères romains, 17 s’écrit XVII. Si l’on déplace les lettres de ce nombre, on obtient VIXI, qui signifie « j’ai vécu » en latin. Par dérivation, ce « j’ai vécu » signifie donc pour un italien « je suis mort »! C’est pourquoi vous ne trouverez aucune chambre d’hôtel portant le numéro 17 en Italie.

Bref, aussi déplacée et rétrograde que soit cette superstition, nous en sommes tous imprégnés. Et ne me dites pas le contraire! Vous ne jouez jamais au Loto le vendredi 13, franchement?!

Ouvrir un parapluie à l’intérieur d’une maison

Posted on 12th janvier 2011 in Superstitions

Le fait d’ouvrir un parapluie dans une maison comme porte poisse a une explication très simple. A une époque plus ancienne, les baleines étaient fabriquées dans un alliage très solide, souvent même en acier. Ces baguettes plus ou moins flexibles étaient donc très tranchantes, et dangereuses. Or, ouvrir un parapluie à l’intérieur, c’était faire courir le risque à quiconque alentour de se griffer, se piquer ou même se crever un œil sur ces mini épées. Voilà donc pourquoi on préconisait une ouverture en plein air ; l’espace disponible réduisait considérablement le danger.

D’autre part, d’un point de vue symbolique, le toit d’une maison protège son locataire contre les influences maléfiques extérieures (les démons ne pouvant pénétrer dans un foyer que si ils y sont invités). Le parapluie joue un peu le même rôle. Mais ouvrir un parapluie dans sa maison annulait la protection. Je sais que ce n’est pas logique, et que « + » + « + » = + (du positif ajouté à du positif devrait donner du positif), mais n’oublions pas que nous parlons là de croyances absurdes extrêmement codifiées!

Montrer quelqu’un du doigt

Posted on 12th janvier 2011 in Superstitions

Extrême impolitesse, que toute maman interdit à son enfant, le fait de pointer quelqu’un du doigt n’a en soi rien de bien choquant. Pour retrouver l’origine du scandale, il faut chercher dans le moyen-âge.

Cette période obscurantiste a vu fleurir sorciers, enchanteurs, magiciens et alchimistes. Or, la première faculté d’un homme de magie était le mauvais oeil. Par un simple regard, on était ainsi capable d’attirer les foudres divines sur n’importe qui. Quand en plus on associait ce regard à un geste particulier, l’effet était plus redoutable encore.

Ce geste, destiné à invoquer Satan, se faisait ainsi : il fallait tendre la main à plat vers l’avant, la gauche bien entendu, puis replier le majeur et l’annulaire, et enfin tendre vers l’avant pouce, index et auriculaire afin d’évoquer la forme des cornes du Diable ainsi que sa langue fourchue.

Mais les grands sorciers n’avaient pas besoin de faire ce geste ; leur expérience était telle qu’il leur suffisait de l’imaginer pour qu’il se réalise. C’est pour cela que les mères interdisaient aux enfants de pointer les gens du doigt. Elles craignaient d’une part que la personne visée croit à un maléfice, et veuille s’en venger ; d’autre part, elles tenaient à éviter que le pouvoir de l’œil de Satan n’envahisse leur progéniture. Si vous ne croyez pas au Diable, vous pouvez « indexer » n’importe qui, mais si la personne, elle, y croit, vous risquez d’être mal reçu!

Briser un miroir

Posted on 11th janvier 2011 in Superstitions

Sept ans de malheur attendent celui qui commet cette maladresse. Mais pourquoi?!

Le miroir est un attribut aussi ancien que mystique. Son symbole est le reflet, c’est-à-dire l’alter ego, la projection d’une réalité alternative, la capture d’un instant de vie. Songez à la suite d’Alice au pays des Merveilles, De l’autre côté du miroir ou au miroir magique de la méchante reine…

Au départ attribut divin, les hommes se le sont approprié ; mais les Dieux n’entendaient pas se laisser déposséder de la sorte. C’est pourquoi ils assignèrent à cet objet devenu profane une terrible malédiction. D’ailleurs, les hommes en ont oublié une partie… Briser un miroir donne 7 ans de malheur ; briser un miroir avec un autre miroir en donne 77!

Ne pas passer sous une échelle

Posted on 11th janvier 2011 in Superstitions

Comble du comble de la logique, passer sous une échelle ne porte pas malheur ; c’est tout simplement dangereux!! Si l’ouvrier manie de la peinture, on risque la tache ; s’il manie la masse, on risque la mort! Cette sagesse populaire a été interprétée comme de la superstition alors qu’elle n’est que le fruit du bon sens.

Une invention délirante (et très récente) des sociologues ferait de l’échelle le symbole du passage de la vie à la mort, les divers échelons symbolisant le passage de la naissance à l’âge adulte, puis à la vieillesse, jusqu’à la mort. Passer dessous provoquerait une mort prématurée… Cette croyance n’est attestée nulle part par le passé, et n’est donc à mon sens qu’une tentative de rationalisation d’une superstition qui ne l’est pas (rationnelle!!).

Croiser un chat noir

Posted on 11th janvier 2011 in Superstitions

A la base, ce n’était pas le chat qui était maudit, mais bien le noir.

Un corbeau était tout aussi malveillant. Pourquoi le noir? Car il évoque les ténèbres, le monde de l’occulte, l’obscurité plutôt que celui de la lumière. Le noir et le rouge sont d’ailleurs les couleurs de Satan. Alors pourquoi le chat? Hé bien tout simplement à cause des sorcières.

Ces femmes, par peur des représailles, restaient discrètes quant à leurs activités. Elles vivaient de façon solitaire et isolée… Selon la tradition, afin de se tenir informée de ce qu’il se passait aux alentours, elles s’entouraient de mignons, des créatures semi-démoniaques entièrement à leur service. Les plus courants étaient les rats, les corbeaux, les insectes… et les chats! Le chat (mignon de sorcière) noir (comme les ténèbres infernales) est donc devenu symbole de maléfice. Croiser un tel animal signifiait qu’une sorcière préparait un mauvais coup.

Une autre croyance, plus ancienne, voulait que les sorcières ne disposaient que de sept transformations possibles durant toute leur existence. Elles pouvaient se changer en rat, en corbeau, en chouette, en cafard, en chien… et aussi en chat!

Croiser un chat noir pouvait tout simplement vouloir dire croiser une sorcière!

Mais il faut savoir que dans nos campagnes françaises, la chouette effraie ou encore la poule noire sont bien plus redoutées qu’un malheureux chat noir…

Dire merde au lieu de souhaiter bonne chance

Posted on 11th janvier 2011 in Superstitions

« Merde » est le mot utilisé aujourd’hui pour souhaiter bonne chance… Cela peut paraître étrange, mais il y a une explication qui, si elle n’est pas vraiment logique, éclaire l’usage. Encore une fois, replongeons-nous dans le passé, plus précisément au moyen-âge où en raison de quelques phrases mal traduites, on pensait que les mots avaient un pouvoir divin (phrases du style » Je suis le verbe », ou encore « Dieu dit : que la lumière soit, et la lumière fut »)…

Le pouvoir des mots était alors très grand. On considérait qu’il suffisait de le dire pour qu’une personne soit maudite, perde son enfant, ou meure prématurément.  Mais ce pouvoir des mots n’était à la disposition que de deux catégories de personnes : les sorciers voués au mal, et les magiciens voués au bien. Quand un simple mortel tentait d’invoquer les puissances afin de les plier à sa volonté, les Dieux en prenaient ombrage, et faisaient systématiquement échouer les projets de l’invocateur indélicat.

C’est pourquoi souhaiter bonne chance à quelqu’un, c’est risquer d’attirer sur lui (et sur vous!)  les foudres divines. Le mot « Merde », ou « Chemise », « Train électrique », « camion violet », n’a pas de signification propre à attirer la chance ; ainsi, on déroge à la règle mais sans l’enfreindre.

Le mot « Merde » a simplement été choisi parce que marcher dedans du pied gauche porte bonheur!

Et si vous voulez savoir pourquoi, explorez le blog!

 

L’autre explication, bien plus terre à terre, vient du temps où l’on voyageait en calèche. Les artistes se souhaitaient mutuellement bonne chance en espérant trouver sur les lieux du spectacle à venir de la « merde », à savoir du crottin de cheval, ce qui indiquait que les gens étaient venus nombreux.  Plus il y avait de « merde », plus il y avait de public, tout simplement!

Bailler sans mettre sa main devant sa bouche

Posted on 11th janvier 2011 in Superstitions

Ceci est un exemple d’antésuperstition, autrement dit un dérivé d’une ancienne superstition dont on a oublié l’origine, et qui en a donné une autre.

Dans le temps, on pensait que la bouche était la voie privilégiée par laquelle les démons prenaient possession du corps. Le fait de parler, de remuer les lèvres tout en expulsant de l’air, était suffisant pour repousser les attaques. Mais lors d’un baillement, le souffle n’a que très peu de puissances, et la bouche reste grande ouverte ; n’importe quel démon a alors quartier libre. C’est pourquoi il fallait bailler en se couvrant la bouche ; ainsi, l’entrée était bouchée (vous apprécierez le jeu de mot).

Cette croyance venait elle-même d’un passé bien plus lointain…

Dans l’Egypte Antique, la bouche était la voie de communication entre le corps et l’âme. A noter qu’à cette époque, on n’avait pas une mais cinq âmes! L’une d’entre elles était liée au souffle divin. Bailler était dangereux, car une partie de notre essence s’en allait avec notre expiration. Les Egyptiens ne baillaient donc jamais que la bouche fermée. C’est pour la même raison que l’on utilisait dans les offices d’embaumement une serpette d’or afin d’écarter les mâchoires du défunt. Ainsi, l’âme pouvait réintégrer le corps à loisir.

En d’autres termes, bailler sans mettre sa main devant la bouche n’est pas impoli en tant que tel ; c’est virtuellement dangereux pour votre âme!